Législatives 2022 : qui sont les ministres investis par la majorité présidentielle ?

Plus d'une vingtaine de membres du gouvernement ont d'ores et déjà été investis pour les élections de juin. Certains d'entre eux s'apprêtent à mener la première campagne électorale de leur carrière.

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Des députés dans l'Hémicycle de l'Assemblée nationale, à Paris, le 1er mars 2022. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

Passer des cabinets ministériels à l'hémicycle du Palais-Bourbon. Tel est l'itinéraire que se verraient bien emprunter plusieurs ministres du gouvernement de Jean Castex, qui ont d'ores et déjà annoncé leur candidature aux élections législatives des 12 et 19 juin. Sans surprise, tous ont été investis par le parti présidentiel Renaissance, nouveau nom de La République en marche (LREM), lors des première et deuxième vagues d'investitures, jeudi 5 et samedi 7 mai. De l'Ardèche au Nord en passant par le Val-de-Marne, franceinfo dresse la liste de ces ministres aspirants députés, en attendant la liste complète des 577 candidats investis.

Gérald Darmanin en campagne dans le Nord

Le ministre de l'Intérieur a été investi par le parti Renaissance pour briguer un mandat dans la 10e circonscription du Nord. Un territoire qu'il connaît bien, puisqu'on y retrouve une partie de la ville de Tourcoing, dont il a été élu deux fois maire en 2014 et 2020. Gérald Darmanin avait déjà été élu député de cette circonscription en 2012, sous la bannière UMP puis Les Républicains.

S'il venait à être élu député tout en étant reconduit dans le futur gouvernement, Gérald Darmanin devrait logiquement laisser son siège à son suppléant, Vincent Ledoux. Le député sortant, venu lui aussi de LR, est désormais membre du parti de droite Agir, qui a formé une alliance avec Renaissance sous la bannière Ensemble en soutien à Emmanuel Macron.

Olivier Véran brigue une seconde victoire dans l'Isère

Elu avec la vague macroniste en 2017, Olivier Véran espère de nouveau l'emporter dans la 1re circonscription de l'Isère, cette année. Le ministre de la Santé avait quitté l'hémicycle au moment d'entrer au gouvernement, à l'hiver 2020, avant la crise du Covid-19.

Deux ans plus tard, le neurologue de formation, qui avait déjà siégé à l'Assemblée nationale entre 2012 et 2015 en tant que suppléant de Geneviève Fioraso, pourrait rester au gouvernement. Il devrait laisser sa place à son suppléant, dont l'identité est pour l'heure inconnue.

Jean-Michel Blanquer candidat dans le Loiret

C'est un projet inédit pour le ministre de l'Education nationale. Après avoir mené une carrière de recteur d'académie, puis de directeur général de l'enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Blanquer se lance dans sa première campagne électorale. Investi par le parti Renaissance, le ministre au bilan critiqué espère pourtant se faire élire dans la 4e circonscription du Loiret, qui est tenue par la droite depuis plus de vingt-cinq ans. Le député LR Jean-Pierre Door ne s'y représente pas.

Gabriel Attal veut se faire réélire dans les Hauts-de-Seine 

A 33 ans, le porte-parole du gouvernement entend bien récupérer le siège du Palais Bourbon qu'il avait dû laisser à son entrée au gouvernement, en 2018. Déjà élu député de la 10e circonscription des Hauts-de-Seine en 2017, avec 60,9% des voix, Gabriel Attal est lui aussi investi par Renaissance pour gagner dans ce département, dont il est originaire. 

Barbara Pompili vise une troisième victoire dans la Somme

La ministre de la Transion écologique retrouve la 2e circonscription de la Somme, où elle fut élue en 2012 et 2017. Ancienne d'Europe Ecologie-Les Verts, elle avait rejoint l'aventure macroniste au printemps 2017 avant d'en endosser les couleurs aux dernières législatives. Dans cette circonscription, Emmanuel Macron est arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle avec 33,7% des voix et près de 10 points de plus que le deuxième, Jean-Luc Mélenchon. 

Elisabeth Borne en lice dans le Calvados

Direction la circonscription de Vire-Evrecy (6e du Calvados) pour la ministre du Travail. Après avoir siégé au sein de plusieurs directions de grands groupes (SNCF, Eiffage, RATP) puis à la tête de trois ministères différents (Transports, Ecologie, Travail), Elisabeth Borne entame la première campagne électorale de sa vie. La ministre s'est déjà défendue de tout "parachutage""C'est une circonscription qui compte beaucoup pour moi, dans un département (...) qui est le berceau de ma famille", a-t-elle fait valoir dans La Manche libre.

Clément Beaune entre dans la course à Paris

Lui aussi va tenter de ravir pour la première fois un siège de député. Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, vise la 7e circonscription de Paris. Un territoire partagé entre le vote pour Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle, mais qui avait élu en 2017 le député de la majorité présidentielle Pacôme Rupin. Ce dernier ayant annoncé qu’il ne briguerait pas de second mandat, la voie est libre pour Clément Beaune, qui vient d'être officiellement investi par Renaissance.

Marc Fesneau souhaite être réélu en Loir-et-Cher

Cadre du MoDem, dont il fut le président du groupe parlementaire avant d'entrer au gouvernement, en 2018, Marc Fesneau brigue sa propre succession dans son fief de la 1re circonscription du Loir-et-Cher. Le ministre chargé des Relations avec le Parlement, qui souhaitait se représenter, sera candidat sous la bannière Ensemble.

Joël Giraud se représente dans les Hautes-Alpes

Joël Giraud, ministre de la Cohésion des territoires depuis mars, souhaite être réélu dans la 2e circonscription des Hautes-Alpes, où il est élu depuis 2012. L'ex-"monsieur ruralité" du gouvernement avait pourtant laissé entendre qu'il ne se représenterait pas pour un nouveau mandat. "Je ne serai pas candidat aux élections législatives. Je suis rentré dans ma 63e année et j’ai toujours considéré que la retraite d'un parlementaire devait correspondre à la retraite des gens dans la vie courante", déclarait-il pourtant à La Provence, en novembre dernier. 

Nadia Hai change de circonscription dans les Yvelines

Elle avait fait partie de la vague macroniste à l'Assemblée nationale en 2017. Nadia Hai, députée de la 11e circonscription des Yvelines avant de devenir ministre déléguée chargée de la Ville en 2020, a conservé l'investiture de LREM pour ces législatives. Mais elle a changé de circonscription : alors que la 11e circonscription penche à gauche, la 7e circonscription, dans laquelle elle se présente, semble plus favorable à la majorité actuelle. Pour rester au Palais-Bourbon, elle pourra compter sur le fait qu'Emmanuel Macron a terminé en tête au premier tour de la présidentielle, avec 32% des voix, devant Jean-Luc Mélenchon et ses 24,8%. 

Emmanuelle Wargon se lance dans le Val-de-Marne

La campagne a déjà commencé pour la ministre déléguée au Logement, par ailleurs élue conseillère régionale d'Ile-de-France en 2021. Emmanuelle Wargon se présente dans la 8e circonscription du Val-de-Marne et espère déloger Michel Herbillon (UMP puis LR), élu dans ce territoire depuis 1997. Une campagne qui s'annonce ardue pour la ministre. Comme les autres personnalités de cette liste, elle est soutenue par le parti Renaissance. C'est également sa première campagne aux législatives.

Olivia Grégoire brigue sa réélection à Paris

A Paris, la secrétaire d’Etat chargée de l'Economie sociale, solidaire et responsable sera candidate à sa réélection, dans la 12e circonscription, située dans le 15e arrondissement de la capitale. Elle pourra compter sur une sociologie électorale favorable à Emmanuel Macron, qui y a récolté 42,7% des voix au premier tour de la présidentielle. 

Franck Riester veut conserver son fauteuil en Seine-et-Marne

Il avait perdu son portefeuille à la Culture, en 2020, en récupérant celui du Commerce extérieur et de l'Attractivité. Franck Riester, maire de Coulommiers (Seine-et-Marne) de 2008 à 2017, avait ensuite été élu dans la 5e circonscription du département francilien. Cette année, le cadre d'Agir, formation politique intégrée dans la coalition Ensemble, vise une réélection. 

Amélie de Montchalin espère gagner dans l'Essonne

C'est sur un terrain en partie conquis que l'actuelle ministre de la Transformation et de la Fonction publiques se présente. En effet, après avoir été longtemps remportée par le Parti socialiste, la 6e circonscription de l'Essonne a basculé LREM aux législatives de 2017, avec l'élection d'une certaine… Amélie de Montchalin. Celle qui a récemment réformé la haute fonction publique – Ecole nationale d'administration (ENA) en tête – se voit bien réintégrer le Palais Bourbon, qu'elle avait quitté en mars 2019 pour rejoindre le gouvernement d'Edouard Philippe.

Olivier Dussopt investi en Ardèche

Le ministre délégué aux Comptes publics fait lui aussi partie de la première vague des candidats officiellement investis par Renaissance. A 43 ans, il se présente ainsi dans la 2e circonscription de l'Ardèche. Un territoire qu'il connaît bien puisqu'il y est né et y a été élu député trois fois de suite sous la bannière du Parti socialiste depuis 2007. Il avait toutefois dû céder son siège à sa suppléante, Michèle Victory, lors de sa nomination au gouvernement en novembre 2017.

Geneviève Darrieussecq vise une réélection dans les Landes

Elle est là depuis les débuts du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, en 2017. Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants, n'a pas évoqué sa volonté, ou non, de rester dans le prochain gouvernement. Mais cette allergologue de profession est en tout cas investie de la coalition Ensemble dans la 1re circonscription des Landes, où elle avait été élue il y a cinq ans.

Laurent Pietraszewski de retour dans le Nord

Il l'avait annoncé au sortir de l'élection présidentielle, Renaissance l'a confirmé. Le secrétaire d'Etat chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski, se représentera dans la 11e circonscription du Nord, où il avait été élu en 2017 sous les couleurs de LREM, avant de laisser sa place à sa suppléante Florence Morlighem début 2020. Une circonscription urbaine, composée de communes plutôt populaires, où Emmanuel Macron ne l'a souvent emporté que d'une courte tête devant Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle.

Brigitte Bourguignon au défi d'un troisième succès dans le Pas-de-Calais 

La ministre déléguée chargée de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon, avait été élue avec le Parti socialiste en 2012, puis avec La République en marche en 2017. Après deux ans au gouvernement, l'ancienne présidente de la commission des Affaires sensibles de l'Assemblée nationale cherche à s'imposer dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais, où Marine Le Pen est arrivée loin devant Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle (58% contre 42%).

Elisabeth Moreno investie chez les Français de l'étranger

Elisabeth Moreno tentera de s'imposer dans la 9e circonscription des Français de l'étranger, qui recouvre les pays du Maghreb et une grande partie de l'Afrique de l'Ouest. La ministre déléguée à l'Egalité entre les femmes et les hommes aura du fil à retordre dans cette circonscription jusqu'à présent détenue par le député ex-LREM M'jid El Guerrab, condamné jeudi 12 mai à un an de prison ferme et deux ans d'inéligibilité pour l'agression d'un socialiste en 2017.

Bérangère Abba veut de nouveau s'imposer dans la Haute-Marne

Après une première élection aux législatives en 2017, dans la 1re circonscription de Haute-Marne, Bérangère Abba a été investie par Renaissance pour le prochain scrutin. Celle qui s'est spécialisée dans les sujets environnementaux à l'Assemblée nationale, devenue secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité depuis juillet 2020, devra s'imposer dans un territoire où Marine Le Pen a devancé Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle, avec 52,9%.

Sarah El Haïry ambitionne d'être réélue en Loire-Atlantique

La benjamine du gouvernement, avec Gabriel Attal (ils sont tous les deux nés le 16 mars 1989), a passé près de deux ans au secrétariat d'Etat chargé de la Jeunesse et de l'Engagement. Désormais, après une première élection dans la 5e circonscription de la Loire-Atlantique, la Nantaise souhaite être réélue avec le MoDem, sous la bannière Ensemble.

Brigitte Klinkert vise le Haut-Rhin

Officiellement investie par Renaissance, la ministre déléguée à l'Insertion se présente dans la 1re circonscription du Haut-Rhin, département dont elle est originaire et dont elle est conseillère départementale. Cette campagne aura certainement un goût de déjà-vu pour Brigitte Klinkert, élue en tant que suppléante du député (LR) Eric Straumann dans cette circonscription en 2017.

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