Le PS, EELV et le PCF rejettent la proposition de Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite constituer un groupe unique de la Nupes à l'Assemblée nationale

Le chef de file de La France insoumise réclame la constitution d'un groupe parlementaire commun au Palais-Bourbon pour les "insoumis", les socialistes, les écologistes et les communistes. 

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L'insoumis Jean-Luc Mélenchon et le socialiste Olivier Faure, lors d'un meeting commun à Caen (Calvados), le 8 juin 2022. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)

A quoi ressemblera la Nupes à l'Assemblée nationale ? C'est la question qui se pose après les résultats des élections législatives qui a vu l'union de la gauche obtenir 133 sièges de députés dans l'hémicycle, bien plus que les quelque 60 députés de gauche lors de la législature précédente. Jean-Luc Mélenchon a évoqué, lundi 20 juin, le futur de cette alliance électorale inédite, qui devrait selon lui perdurer au Palais-Bourbon : il propose que les partis de la Nupes ne forment qu'"un seul groupe d'opposition au Parlement".

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L'ancien député des Bouches-du-Rhône, qui s'exprimait devant des journalistes devant le siège de son parti, a appelé la coalition de gauche "à rester une alternative unie", ajoutant que sa proposition "n'empêchera pas les partis, comme au Parlement européen, d'avoir des délégations"

"Quatre groupes seront plus forts qu'un seul"

Les réactions n'ont pas tardé chez les alliés électoraux de La France insoumise : Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste ont assuré à l'AFP, dans la foulée de cette déclaration, qu'ils rejettaient la proposition de Jean-Luc Mélenchon. "Pas question de se fondre dans un groupe unique", a réagi le porte-parole d'EELV, Alain Coulombel.

"Nous sommes favorables à un intergroupe mais pas un groupe commun", a de son côté expliqué un proche de Fabien Roussel chez les communistes. "Quatre groupes au sein de l'Assemblée seront plus forts qu'un seul. Pour la gauche, ce sera du temps de parole en plus et davantage de droit de tirage sur des commissions d'enquête et des niches parlementaires", défend pour sa part le communiste André Chassaigne auprès de franceinfo.

Le Parti socialiste, l'une des quatre composantes de la Nupes, rejette également en bloc l'idée d'un groupe unique à l'Assemblée nationale. Pour Guillaume Garot, député socialiste de la Mayenne joint par franceinfo, "l'union, ce n'est pas la fusion" et "chacun doit retrouver son groupe" au Palais-Bourbon. "La gauche est plurielle, elle est représentée dans sa diversité à l'Assemblée nationale. Vouloir supprimer cette diversité est une erreur, et je m'y oppose", a abondé sur Twitter Valérie Rabault, réélue dans le Tarn-et-Garonne.

Une proposition "pas dans l'accord initial"

Pour d'autres socialistes, c'est la méthode du leader de La France insoumise qui interpelle. "Ce sont des discussions qu'on doit d'abord avoir en notre sein, car la logique d'une coalition, c'est qu'on se parle. C'est le premier mode de fonctionnement qu'on doit avoir", estime Jérôme Guedj, député PS tombeur de la ministre Amélie de Montchalin dans la 6e circonscription de l'Essonne. 

Le socialiste, ancien proche de Jean-Luc Mélenchon, affirme également que "cette proposition n'était pas prévue dans l'accord initial", comme l'assure un autre parlementaire socialiste contacté par franceinfo.

"Cette proposition, ce n'est pas ce dont nous avions convenu."

Un député PS

à franceinfo

Des discussions sont désormais prévues lors d'une réunion à l'Assemblée nationale, mardi après-midi. A gauche, le feuilleton de l'union n'est pas vraiment prêt de connaître son épilogue.

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