Résultats européennes 2019 : les socialistes arrivent en tête en Espagne, suivis par les conservateurs

Le Parti socialiste recueille 32,83% des voix et obtient 20 sièges au Parlement européen, loin devant le Parti populaire, son adversaire conservateur, qui a obtenu 20,12% des scrutins. 

Le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, et le chef de file du parti Ciudadanos, Albert Rivera, au palais présidentiel de Madrid, le 7 mai 2019. 
Le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, et le chef de file du parti Ciudadanos, Albert Rivera, au palais présidentiel de Madrid, le 7 mai 2019.  (BURAK AKBULUT / ANADOLU AGENCY / AFP)

Avec 32,83des voix, le PSOE, le Parti socialiste espagnol, envoie 20 députés à Strasbourg et Bruxelles, ce qui en fait la première force politique d'Espagne, selon les estimations du Parlement européen réalisées avec Kantar Public, dimanche 26 mai. Juste derrière, le Parti Populaire, son adversaire conservateur, recueille 20,12des voix et obtient 12 sièges. Le pays constitue le cinquième contingent de députés européens au Parlement, avec 54 sièges. 

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Le sentiment d'appartenance à l'Union européenne est plus marqué chez les Espagnols qu'en France, en Italie ou encore en Allemagne. "L'identité nationale s'est configurée comme une identité européenne face au franquisme. Les Espagnols sont donc vaccinés contre un nationalisme anti-européen", explique José Ignacio Torreblanca, du cercle de réflexion European Council on Foreign Relations. 

Quels étaient les enjeux du scrutin ? 

La remontée des socialistes dans le spectre politique espagnol devait se confirmer lors du scrutin européen. Les élections législatives du 28 avril ont crédité le PSOE de 30% des voix. Après ces élections, le slogan du parti était "La sociale-démocratie européenne est de retour" : une volonté clairement affichée de revenir sur le devant de la scène, comme l'explique cet article d'El País traduit par Courrier international

D'après les derniers sondages, le PSOE devait obtenir 30% des voix et briguer 17 sièges. Derrière lui, le Parti populaire (PP), affilié au Parti populaire européen (PPE), devait recueillir 26% des voix, soit 16 sièges au Parlement. Arrive ensuite le parti Ciudadanos, qui était crédité de 15% des voix dans les derniers sondages. Podemos, le parti de gauche radicale de Pablo Iglesias, divisé et affaibli par des conflits internes, arrivait en 4e position dans les sondages, crédité de 12% des voix. 

Un an et demi après la tentative de sécession de la Catalogne, le dossier est toujours brûlant. Menacé d'être privé d'élections européennes, le chef de file des indépendantistes catalans, Carles Puigdemont, a finalement pu participer au scrutin avec la liste Junts per Catalunya. Briguer un mandat européen semblait compliqué pour le leader catalan, crédité de 3% dans les derniers sondages, comme l'explique le quotidien Les Echos

Enfin, le parti d'extrême droite Vox a fait son entrée au Parlement espagnol en avril. Une première depuis Franco. Crédité de près de 10% dans les derniers sondages, ce parti ultranationaliste a obtenu 6,22% des voix.

En parallèle des élections européennes, les Espagnols étaient aussi appelés aux urnes pour les municipales et les régionales. "Les élections régionales sont cruciales en Espagne car ce sont les régions qui décident du budget", explique Benoît Pellistrandi, historien spécialiste de l'Espagne, au Parisien. 

Quels sont les résultats ? 

Avec 32,83des voix et 20 sièges, le PSOE s'impose comme le premier parti espagnol représenté au Parlement européen. Le Parti populaire arrive juste derrière, avec 20,12des voix et 12 sièges à Strasbourg. Ciudadanos obtient huit sièges et la coalition dans laquelle figure Podemos en a remporté cinq. Le parti d'extrême droite Vox fait son entrée au Parlement européen avec 3 sièges. 

Quelles sont les personnalités élues ? 

Josep Borrell, tête de liste du PSOE, siégera à Strasbourg pour la prochaine mandature. Une sorte de retour à la maison pour cet ancien président du Parlement européen et actuel ministre des Affaires étrangères, d'origine catalane. Du côté du Parti populaire, l’ancienne ministre de la santé Dolors Montserrat occupera un siège. 

La tête de liste de Podemos, Maria Eugenia Rodriguez Palop, va aussi faire son entrée au Parlement européen, tout comme Luis Garicano, la tête de liste de Ciudadanos, affilié au groupe Alliance des démocrates et des libéraux à Strasbourg. 

Que faut-il retenir de ces élections ?

Le scrutin européen constitue un pari important pour la confirmation du retour du PSOE dans le jeu politique national. En 2014, le parti avait enregistré 23% des voix et conquis 14 sièges. Cette année marque donc un succès pour les socialistes espagnols. Mais le véritable enjeu est d'ordre national avec la constitution du gouvernement. Pedro Sanchez, le Premier ministre socialiste, souhaitait attendre la fin des élections européennes afin de former un gouvernement pour asseoir encore plus sa légitimité. 

En parallèle, les citoyens espagnols scrutent de très près les élections municipales et régionales, sorte de second tour des élections législatives d'avril. Elles pourraient aussi confirmer la victoire du PSOE, qui, d'après les derniers sondages, est donné en tête dans la plupart des régions.