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Expliquez-nous... le parti Podemos

La parti anti-austérité gagne du terrain en Espagne, Est-ce un parti de gauche, d’extrême gauche, c’est une formation populiste ? Mathieu de Taillac, le correspondant de France Info à Madrid répond à ces questions.

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(Pablo Iglesias secrétaire général de Podémos. meeting du 5 mai 2015 à Madrid © Maxppp)

On entend effectivement beaucoup de qualificatifs pour définir Podemos. Eux, ont plutôt tendance à brouiller les pistes. Ils disent que ces termes de gauche et de droite sont dépassés. Sauf que, quand on analyse le discours et les propositions, on a affaire disons à un parti de gauche alternative, à placer à gauche du parti socialiste. Ces militants se sont souvent formés dans l’altermondialisme, beaucoup avait pris part aussi, au mouvement des indignés. Et puis, au delà des discours sur la casta, la caste, Podemos a défini clairement son adversaire, le Parti populaire, le PP de Rajoy, bref, la droite. Les pactes de Podemos se feront donc à gauche, avec notamment le Parti socialiste.

Il va falloir en passer à Madrid et à Barcelone, où les listes soutenues par Podemos peuvent prendre la mairie

On  parle de listes “soutenues par Podemos” parce qu’aux municipales, le parti ne s’est pas présenté sous son étiquette. Il a laissé se monter des listes alternatives autour de mouvements sociaux, d’activistes, de partis écologistes aussi avant d’appuyer ces listes et d’y placer des représentants. À Madrid comme à Barcelone, les têtes de liste de ces coalitions n’appartiennent pas au parti Podemos.

Une stratégie un peu confuse

C’est un peu ce qu’on leur a reproché au départ, mais il faut bien constater que les résultats sont là. En fait les dirigeants de Podemos, des profs de sciences politiques pour la plupart, ont bien étudié leur stratégie. D’une part, cela leur a permis de faire émerger des figures plus rassembleuses, c’est le cas de Manuela Carmena à Madrid. C’est une "mamie", une juge à la retraite de 71 ans, on lui donnerait le bon dieu sans confession, c’est un visage plus aimable que certains cadres de Podemos qui ont une image plus radicale. Et puis, ce choix de coalitions permettait aussi d’éviter d’abimer la marque Podemos en présentant des candidatures montées à la va-vite dans les 8.000 communes espagnoles.

Le parti Podemos est toujours là

À la différence des municipales, Podemos s’est présenté sous son nom à toutes les élections régionales qui avaient lieu hier aussi et surtout Podemos prépare son grand objectif, les élections générales, ce sera à la fin de l’année, dans six mois.

(Pablo Iglesias secrétaire général de Podémos. meeting du 5 mai 2015 à Madrid © Maxppp)