Grève à la SNCF : quatre ministres défendent la réforme dans la presse... avec les mêmes éléments de langage

Alors que les cheminots débutent deux nouvelles journées de grève, dimanche et lundi, l'exécutif contre-attaque dans la presse.

Des cheminots manifestent contre la réforme de la SNCF devant la gare Saint-Charles à Marseille, le 4 avril 2018.
Des cheminots manifestent contre la réforme de la SNCF devant la gare Saint-Charles à Marseille, le 4 avril 2018. (GERARD BOTTINO / CROWDSPARK / AFP)

Edouard Philippe dans Le Parisien, Elisabeth Borne dans Sud Ouest, Nicolas Hulot et Sébastien Lecornu dans Le JDD. Alors que les cheminots se lancent dans deux nouvelles journées de grève, dimanche 8 et lundi 9 avril, contre la réforme de la SNCF, le gouvernement engage sa contre-offensive médiatique. Voici les éléments de langage repris par l'exécutif dans la presse.

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"La qualité du service se dégrade"

"La réalité, c’est qu’il s’agit d’une entreprise où la qualité de service se dégrade", assène le Premier ministre, Edouard Philippe, dans Le Parisien. Son ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, reprend peu ou prou la même formule dans sa tribune au JDD"On ne peut pas rester indifférents face à la dégradation de ce service public." "Malgré les investissements, malgré les travaux, notre réseau est en mauvais état, la qualité du service se dégrade, les usagers en subissent les conséquences", poursuit-il. 

Son secrétaire d'Etat, Sébastien Lecornu, renchérit, lui aussi dans Le JDD : "Quatre millions de Français prennent le train chaque jour ; eux savent que le service se dégrade." Et d'accompagner la démonstration d'un exemple personnel et local : "A Vernon [Eure], ville dont je suis élu, le service ferroviaire est tellement dégradé que des familles songent à déménager pour se rapprocher de Rouen ou Paris."

"On ne peut pas laisser une entreprise publique générer 3 milliards d’euros de dette par an"

Pour justifier sa réforme du rail, l'exécutif met l'accent sur l'endettement de l'entreprise publique"On ne peut pas préparer l'avenir, réussir la transition écologique et répondre aux défis de la mobilité du quotidien avec 46 milliards de dette", lâche Nicolas Hulot.

L'éventuelle reprise de la dette de la SNCF par l'Etat sera traitée "avant la fin du quinquennat", mais "pas avant d’avoir la certitude que l’entreprise ne crée plus trois milliards d’euros de dette supplémentaire par an", déclare Edouard Philippe. "Si on reprend la dette sans rien faire, la SNCF n’ira pas mieux", insiste le chef du gouvernement.

"On ne peut pas laisser une entreprise publique générer 3 milliards d’euros de dette par an, assène en écho Sébastien Lecornu. Nous prendrons nos responsabilités sur la question de la dette, mais éponger le passé ne résoudra que la moitié du problème : si la SNCF ne fait pas aussi des efforts, la dette continuera demain d’augmenter."

"Tout le monde doit savoir notre détermination à aller au bout"

"Il y a urgence, il faut avancer et tout le monde doit savoir notre détermination à aller au bout", avertit le Premier ministre. Avant de renchérir : "Je reçois des messages de Français qui soutiennent le gouvernement, en disant qu’il faut aller jusqu’au bout." Et de rajouter : "J’entends la détermination de certaines organisations syndicales, mais qu’ils entendent bien la mienne aussi. Le statu quo n’est pas viable." Même détermination chez sa ministre des Transports, Elisabeth Borne, dans Sud Ouest"Nous sommes déterminés à mener cette réforme jusqu’au bout."

Le gouvernement "dialogue"

Alors que les syndicats l'accusent de ne laisser aucune place à la concertation et de ne les recevoir que pour exposer son point de vue, le gouvernement réplique en assurant qu'il "dialogue"

"Je ne marche pas au rapport de force, assure le chef de l'exécutif. Pour un gouvernement, dialoguer ne veut pas dire renoncer." Et Edouard Philippe renchérit : "Je n’ai jamais utilisé la théorie du rapport de force. Mais j’ai exprimé clairement la volonté du gouvernement et où étaient les marges de discussions. J’ai bon espoir qu’à la fin, on s’entende."  Sébastien Lecornu abonde et charge les syndicats : "Nous avons surtout besoin de poursuivre les concertations. Le dialogue social, ce n’est pas la menace."