Blocages du 17 novembre : ce que l'on sait de la mort d'une manifestante des "gilets jaunes", renversée par une automobiliste à un barrage

La conductrice, prise de panique, a affirmé qu'elle voulait emmener sa fille chez le médecin. Elle a été mise en examen, dimanche.

Des \"gilets jaunes\" manifestent contre la hausse du prix des carburants le 17 novembre 2018 sur la RN90 entre Albertville et Chambéry (Savoie).
Des "gilets jaunes" manifestent contre la hausse du prix des carburants le 17 novembre 2018 sur la RN90 entre Albertville et Chambéry (Savoie). (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

La manifestation a tourné au drame. Une manifestante est morte samedi 17 novembre dans la matinée en Savoie à un barrage routier organisé par les "gilets jaunes". La conductrice a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire, a appris l'AFP auprès du parquet de Chambéry, dimanche. Elle est poursuivie "pour violences volontaires avec arme par destination [la voiture] ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a précisé le parquet. 

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Un accident mortel qui a marqué les rassemblements organisés dans toute la France.

Que s'est-il passé ?

Il s'agit d'un accident mortel qui s'est déroulé à un barrage non déclaré à Pont-de-Beauvoisin (Savoie), sur un rond-point de la N1006. Au volant de son 4x4, une conductrice a été prise samedi matin dans ce barrage alors qu'elle devait, selon ses déclarations, emmener sa fille chez le médecin. "Des personnes ont tapé sur sa voiture; elle a paniqué et a accéléré", a expliqué samedi le préfet de Savoie. Elle a percuté avec sa voiture une manifestante, qui est décédée.

Que sait-on de la manifestante décédée ?

Il s'agit de Chantal Mazet, 63 ans, qui participait au rassemblement de "Gilets jaunes" à Pont-de-Beauvoisin. Cette mère de quatre enfants et de plusieurs petits-enfants manifestait pour la première fois et résidait à Domessin, en Savoie. Elle "venait juste de prendre sa retraite et avait vraiment la sensation que son niveau de vie allait devoir baisser. Elle était un peu inquiète, surtout pour ses enfants et ses petits-enfants pour la suite", a déclaré sa fille Alexandrine sur RTL. 

Devant les caméras de BFMTV, elle a ajouté que Chantal Mazet était "une femme super énergique pleine de vie, quelqu'un qui aimait partager avec les autres". "Je ne dis pas ça parce que c'était ma maman, mais c'était vraiment quelqu'un de bien", a-t-elle dit, tout en appelant au calme.

Qu'est devenue la conductrice ?

La conductrice a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire, a fait savoir le parquet de Chambéry dimanche. Elle est poursuivie "pour violences volontaires avec arme par destination (en l'espèce la voiture) ayant entraîné la mort sans intention de la donner", détaille le parquet.

Sa garde à vue a été levée dimanche matin et elle a été placée sous contrôle judiciaire. Les enfants de la victime seront avisés par le juge d'instruction de leur possibilité de se constituer parties civiles s'ils le souhaitent, toujours selon le Parquet.

Quelles sont les réactions ?

A Vitré, en Bretagne, dès samedi, une minute de silence a été observée, rapporte la journaliste de Ouest-France.

"C'est un drame terrible, a réagi de son côté sur franceinfo Matthieu Orphelin, député LREM du Maine-et-Loire. Ça va va être la préoccupation de tout le monde, "gilets jaunes" et citoyens, il faut que la sécurité soit la priorité numéro 1 aujourd'hui."

De son côté le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a rappelé que "le droit à manifester est essentiel dans ce pays, il faut le protéger, mais il faut aussi faire en sorte que l'organisation minimale de la manifestation évite ce genre de drame".

Enfin, dimanche midi, selon le Dauphiné Libéré, une chaine humaine s'est formée tout autour du rond-point où Chantal Mazet a été tuée, avant qu'une minute de silence ne soit respectée en sa mémoire.