Manifestant frappé au sol à Paris : selon l'avocat du policier, son client n'a "pas du tout" perdu ses nerfs

Jérôme Andrei réagit pour la première fois alors que le policier doit être entendu la semaine prochaine par l'IGPN. 

Capture écran de la vidéo où un policier frappe un manifestant au sol. 
Capture écran de la vidéo où un policier frappe un manifestant au sol.  (- / HANDOUT)

L’avocat du policier qui a porté des coups à un manifestant maintenu au sol samedi 18 janvier à Paris lors d'une manifestation de "gilets jaunes" estime que son client n'a "pas du tout" perdu ses nerfs. Maître Jérôme Andrei réagit pour la première fois, sur franceinfo, alors que son client sera entendu la semaine prochaine par l'IGPN après cette interpellation qui a fait le tour des réseaux sociaux. Le défenseur assure que le policier a agi de la sorte afin d'éviter de "prendre des crachats sanglants en plein visage".

L'avocat revient sur le déroulé des faits

"Mon client a interpellé, en le rattrapant dans la foule, ce monsieur qui venait de commettre des violences et qui s'était opposé à son interpellation", affirme Jérôme Andrei en revenant sur le déroulé des faits, selon la version du policier. "C'est d'ailleurs à cette occasion qu'il a été blessé au cuir chevelu. Il était déjà blessé avant les images que l'on a pu voir. Les 4 jours d'ITT [du manifestant] n'ont rien à voir avec l'action de mon client."

Selon l'avocat, le policier a allongé l'homme pour lui apporter les premiers soins. "Et en réponse, non seulement il se fait insulter, mais en plus il se prend un premier crachat sanglant qui lui arrive en pleine bouche." Le policier tente ensuite de maîtriser le manifestant. C'est alors que, selon maître Andrei, "ce monsieur va recommencer son geste en disant 'j'ai le sida, tu vas crever'. C'est à ce moment qu'il y a un coup qui part, une percussion, une gifle…" L'avocat assure que le policier n'a pas perdu ses nerfs mais qu'il a évité un deuxième crachat en plein visage. "Le crachat arrive et il le dévie. Il atterrit sur son uniforme."

Le policier "choqué" par les proportions de l'affaire 

Le policier n'a pas pu retourner le manifestant sur le ventre, selon son avocat, parce qu'il était équipé de son lanceur de grenade. Le policier est "encombré" et "ne peut pas retourner quelqu'un comme ça d'une main". "Mon client va donc expliquer [devant l'IGPN] que c'est afin d'éviter de se prendre un deuxième crachat que ce premier coup a été porté", conclut l'avocat qui décrit son client comme étant "un petit peu choqué de voir les proportions" que cette histoire a prise.

Le manifestant sera jugé en février pour "violences volontaires" sur des policiers. Il a également porté plainte contre trois policiers, dont le client de Jérôme Andrei pour "violences volontaires".