"Gilets jaunes" : le point sur les rassemblements région par région

Des interdictions de défiler samedi dans certains quartiers ont été prises dans plusieurs villes et le gouvernement a demandé le renfort des soldats de la mission Sentinelle.

(VALERY HACHE / AFP)

Des manifestations de "gilets jaunes" sont à nouveau prévues samedi 23 mars dans de nombreuses régions.

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La journée est marquée par une interdiction de défiler dans plusieurs lieux emblématiques et par le renfort de l'armée pour "protéger les sites sensibles", selon Emmanuel Macron. Une décision qui a provoqué des réactions jusque dans les rangs de l'armée.

Ile-de-France

À Paris, ce sont 3 100 "gilets jaunes" qui se sont mobilisés, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Un cortège est arrivé sur la butte Montmartre dans le 18e arrondissement de la capitale, rapporte France Bleu Paris. L'ambiance est bon enfant, avec de la musique et des chants. Aucun incident majeur n'est à déplorer. Le cortège est parti à 13h de la place Denfert-Rochereau, dans le 14e arrondissement. D’autres rassemblements, mais non déclarés, se sont aussi tenus au Trocadéro (16e) et à Châtelet dans le centre.

96 individus ont été interpellés en marge de la mobilisation, a indiqué la préfecture de police de Paris à franceinfo. Plus de 8 500 personnes ont été contrôlées préventivement, et 53 verbalisées parce qu'elles avaient pénétré sur le périmètre interdit pour manifester, dont un des leaders des "gilets jaunes" Éric Drouet en marge du rassemblement à Châtelet, selon ses déclarations.

Un policier a fait un malaise cardiaque place de la République et se trouve dans un "état très sérieux".

Provence-Alpes-Côte d'Azur

À Nice (Alpes-Maritimes), la situation a dégénéré boulevard François Grosso, dans le sud de la ville, a constaté le reporter de France Bleu Azur. Les forces de l’ordre ont procédé à 26 interpellations dans les Alpes-Maritimes dont 20 à Nice, selon France Bleu. Elles ont fait usage de gaz lacrymogènes et donné des coups de matraque. Vers 11h, des "gilets jaunes" avaient été chargés par la police sur la place Garibaldi, où les rassemblements avaient été interdits. Une passante de 75 ans avait été blessée à la tête.

Nouvelle-Aquitaine

À La Rochelle (Charente-Maritime), quelque 600 manifestants défilent, avec un face-à-face tendu entre les "gilets jaunes" et les forces de l’ordre, aux cris notamment de "Police partout, justice nulle part", rapporte France Bleu La Rochelle. Devant la gare, les forces de l’ordre ont lancé des grenades lacrymogènes pour faire reculer les manifestants. L’accès vers le Vieux-Port est interdit.

La vente de produits chimiques explosifs ou inflammables sous différentes formes est règlementée jusqu'au dimanche 24 mars à 8 heures. Par ailleurs, jusqu'à cette date, leur utilisation, transport ou détention est interdite, a décidé la préfecture.

À Pau (Pyrénées-Atlantiques), entre 150 et 200 personnes ont défilé ce matin, rapporte France Bleu Béarn. Les manifestants ont fait des arrêts devant le commissariat et le palais de justice.

À Guéret (Creuse), la mobilisation est relativement faible, selon France Bleu Creuse. Une centaine de manifestants sont répartis sur plusieurs ronds-points de la ville.

À Bordeaux (Gironde), entre 2 500 et 3 000 "gilets jaunes" marchent dans une ambiance bon enfant, rapporte France Bleu Gironde.

Auvergne-Rhône-Alpes

À Grenoble, la mobilisation réunit environ 800 personnes dans le calme, selon France Bleu Isère. Comme chaque samedi les "gilets jaunes" de Grenoble s’étaient réunis parc Paul Mistral à 13h avant d'entamer une marche.

À Valence, environ 400 manifestants "gilets jaunes" ont fait une halte devant un Ehpad, avec un discours pour défendre les salariés et les résidents, rapporte France Bleu Drôme Ardèche.

Occitanie

À Montpellier (Hérault), où aucun interdit de manifester n'avait été émis, environ 4 500 "gilets jaunes" ont défilé avec des tensions en fin d'après-midi, rapporte France Bleu Hérault. La manifestation s'est déroulée dans le calme jusqu'à son retour place de la Comédie dans le centre. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes. Les manifestants se sont dispersés dans les rues adjacentes et des groupes de "casseurs", entre 400 et 500 individus selon la préfecture, ont alors commencé à se former. Ils ont notamment saccagé des abribus dans le quartier de la gare. Quatre personnes ont été interpellées et un policier a été blessé par des jets de pavés, selon la préfecture.

À Toulouse (Haute-Garonne), plusieurs groupes de "gilets jaunes" manifestent dans la ville mais sont dispersés par des gaz lacrymogènes lorsqu'ils essaient de se regrouper, a constaté sur place le reporter de France Bleu Occitanie. Des groupes de CRS se retrouvent parfois isolés et sont alors pris à partie par des manifestants. Les "gilets jaunes" ont tenté à plusieurs reprises d'ériger des barricades, sans succès.