Ces députés de la majorité qui veulent lâcher du lest face aux "gilets jaunes"

Face à la colère de leurs administrés, des députés LREM ou MoDem veulent aller plus loin que le gouvernement pour répondre à la crise. Notamment en renonçant à augmenter la taxe sur le gazole au 1er janvier.

La députée La République en marche Sonia Krimi, le 19 décembre 2017 à l\'Assemblée nationale.
La députée La République en marche Sonia Krimi, le 19 décembre 2017 à l'Assemblée nationale. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Plus de 8 Français sur 10 soutiennent le mouvement des "gilets jaunes", selon différents sondages. Et parmi ces Français, quelques députés de la majorité ? A l'instar de François Bayrou, le président du MoDem (parti allié de La République en marche) qui a estimé sur Europe 1 que les réponses apportées par le gouvernement à la crise sont "sans doute insuffisantes", plusieurs parlementaires LREM prennent ces derniers jours leurs distances avec la politique de l'exécutif.

Brigitte Bourguignon, députée LREM du Pas-de-Calais

La présidente LREM de la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée, Brigitte Bourguignon, est la première a avoir émis l'idée d'un "moratoire" sur les hausses de taxes sur les carburants, dans une interview au Monde parue le 23 novembre. "Au regard de la gravité de la situation et de la défiance, tout ce qui peut contribuer à apaiser le climat actuel doit être considéré", estime celle qui est également députée du Pas-de-Calais. L'élue se prononce également pour "la revalorisation globale de la prime d’activité de 60 euros par mois" et "la baisse des cotisations sur les heures supplémentaires au 1er janvier 2019".

Isabelle Florennes, députée MoDem des Hauts-de-Seine

"On ne peut pas dire que le discours de mardi d'Emmanuel Macron ait été très audible", a jugé vendredi 30 novembre sur franceinfo Isabelle Florennes, députée MoDem des Hauts-de-Seine. Dans le discours prononcé mardi par Emmanuel Macron sur la transition écologique, "il manquait le mot 'moratoire', moratoire de trois mois", estime aussi l'élue. Elle assure malgré tout avoir "confiance dans le président de la République". "Je pense que temporiser sur trois mois, ce n'est pas reculer."

Patrick Vignal, député LREM de l'Hérault

Le député de la majorité Patrick Vignal a plaidé lui aussi, mercredi 28 novembre sur BFMTV, pour "une pause" avant la hausse des taxes sur les carburants prévue le 1er janvier. "Parce que moi, je ne veux plus voir des retraités de 90 ans qui viennent sur les ronds-points", a poursuivi cet ancien député socialiste. "Je pense qu'il y a une majorité silencieuse qui commence à comprendre", a ajouté Patrick Vignal, alors que l'exécutif a maintenu son cap cette semaine.

Sonia Krimi, députée LREM de la Manche

Sonia Krimi, députée LREM de la Manche, a enfilé un gilet jaune vendredi 23 novembre en soutien à ses administrés mobilisés, rapporte France Bleu Cotentin"Il y a dix-sept mois (...), j'aurais peut-être été parmi vous pour dire que je ne suis pas contente car je faisais 2 000 km par mois"assure-t-elle. "Symboliquement je le mets, car je vous soutiens", a ajouté l'élue, qui évoque un "mouvement pacifique dans La Manche". 

Ce n'est pas la première fois que la députée, élue comme candidate dissidente en 2017, fait parler d'elle. Elle s'était notamment opposée à Gérard Collomb lors de l'examen du projet de loi sur le droit d'asile et l'immigration, demandant "plus d'humanité et de dignité" dans l'accueil des migrants. Cette fois, son geste lui a valu d'être "reçue par le président du groupe, Gilles Le Gendre, durant une heure lundi après-midi", rapporte Libération. Selon elle, ce dernier l'aurait "incitée à quitter le groupe".

 Benoît Simian, député LREM de Gironde

Interrogé par L'Express, le député de la Gironde Benoît Simian estime qu'"il y a un principe en droit français qui oblige, lorsqu'on crée une norme, à en supprimer deux autres. Il faut faire pareil pour les taxes". Selon lui, la majorité "paie l'arrogance qu'a pu avoir, parfois, le pouvoir depuis un an et demi". "La politique est la bonne, il faut garder le cap, mais il faut faire davantage de pédagogie. Il ne faut pas que le pouvoir d'achat des plus faibles soit subordonné à l'écologie", poursuit-il dans l'hebdomadaire.