Infographies Panier de courses franceinfo : le pic de l'inflation est passé, les prix commencent à baisser (timidement) sur certains produits

L'inflation de notre panier de courses franceinfo revient à son niveau de novembre. Signe que le pic est derrière nous, et que l'heure est désormais à la très lente décrue des prix. Découvrez la situation dans votre département sur notre carte interactive.
Article rédigé par Théo Uhart, France Info
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 6 min
Composition du panier de courses franceinfo. Image d'illustration. (STEPHANIE BERLU / FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le pic de l'inflation est désormais derrière nous. Voilà la conclusion de la neuvième édition du panier de courses franceinfo, en partenariat avec France Bleu et le cabinet NielsenIQ. L'inflation sur nos 37 produits du quotidien, alimentaires et d'hygiène, s'établit en juillet en 14,4% sur un an, c'est-à-dire au même niveau qu'en novembre. C'est aussi près de deux points de moins qu'en juin.

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Signe visible de ce ralentissement : la valse des étiquettes marque un vrai temps d'arrêt. Entre juin et juillet, les prix sont restés très stables dans les rayons de vos supermarchés : +2 centimes seulement sur un mois. Mieux encore : cette stagnation est généralisée. "On n'est pas sur des mouvements de baisse très forts d'un côté ou de hausses très fortes de l'autre, qui se compenseraient. C'est plutôt un phénomène assez large sur beaucoup de catégories de produits", explique Emmanuel Fournet, directeur analytique chez NielsenIQ. Il n'y a effectivement plus de produits dont le tarif a bondi depuis juin.

Cependant, si les prix se stabilisent, ils le font sur un plateau très haut : 109,83 euros. Pour rappel, en novembre 2021, notre panier coûtait 88 euros, soit plus de vingt euros de différence avec aujourd'hui.

Consultez la situation dans votre département sur notre carte interactive.

Paris reste le département le plus cher de France, avec un panier à 132 euros. C'est 28 de plus qu'en Vendée, département le moins cher.

Des étiquettes en légère baisse

S'il y a bien quelques produits dont le prix augmente très légèrement, on a aussi de nombreux produits qui voient leur tarif diminuer entre juin et juillet. Le flacon de liquide vaisselle de marque distributeur perd ainsi 7 centimes, le paquet de café de grande marque égare 5 centimes, le paquet de jambon blanc de marque, 2 centimes, et la boîte de 6 œufs bio, 1 centime. Mais ces baisses sont très légères, et loin de compenser l'augmentation des dix-huit derniers mois. "On parle de baisse de prix par rapport au mois de juin ou au mois de mai, où on avait vraiment atteint le pic de l'inflation sur les produits de grande consommation, mais sans revenir pour autant, loin de là, aux prix de début 2022", souligne Emmanuel Fournet.

Si ces baisses de prix doivent se poursuivre à la rentrée et jusqu'à la fin de l'année d'après NielsenIQ, l'expert insiste : "On n'aura pas une baisse des prix de 18% qui nous ramènerait au niveau d'il y a un an et demi."

Le sucre continue de flamber

Globalement, ce ralentissement de l'infation se retrouve partout en France, et pour la quasi-totalité des produits. Mais il en reste un qui résiste durablement au tassement de la hausse des prix : le sucre. L'inflation sur le kilo de sucre premier prix atteint un nouveau record : +55,3% sur un an. Très concrètement, dans les rayons, vous payez en moyenne aujourd'hui le kilo de sucre 1,47 euro. C'est 52 centimes de plus que l'été dernier, près de 70 centimes de plus qu'à la fin de l'année 2021.

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La faute aux marchés internationaux, où le cours du sucre ne cesse de s'envoler. Cette flambée est due à un double phénomène : d'une part l'instauration par l'Inde de quotas d'exportation, d'autre part les mauvaises récoltes au Brésil notamment, causées par une sécheresse importante suivie d'importantes inondations.

Conséquence de cette augmentation qui n'en finit pas : les produits à base de sucre ne connaissent pas vraiment d'accalmie du côté de la hausse des prix, comme le note Emmanuel Fournet de NielsenIQ. "On voit cette augmentation sur le sucre et les produits à base de sucre, comme les biscuits par exemple, mais aussi des produits qui sont pas nécessairement dans notre panier. C'est le cas de la confiture par exemple."

"On pense assez raisonnablement qu'on va avoir des baisses de prix autour de la rentrée."

Emmanuel Fournet, directeur analytique chez NielsenIQ

à franceinfo

Pour le reste des produits, Emmanuel Fournet prédit la poursuite de la baisse des prix, sur la même pente très lente qu'ont déjà pris plusieurs produits de notre panier. D'autant que la rentrée est "traditionnellement un moment de l'année où les distributeurs font un effort parce qu'il faut attirer les consommateurs pour qu'ils fassent le panier de la rentrée dans leurs magasins plutôt que chez le concurrent". Les diminutions sur les étiquettes devraient se poursuivre doucement jusqu'à la fin de l'année, toujours selon l'institut spécialisé dans le suivi de la consommation. 

De nouvelles hausses à la rentrée ?

Mais quelques faits nouveaux pourraient faire dérailler ce scénario sur certaines catégories. Sont surtout concernés les produits à base de riz ou de blé. En cause, d'abord, le refus par la Russie de prolonger l'accord permettant à l'Ukraine de continuer à exporter ses céréales. Ensuite, l'instauration par l'Inde de quotas sur les quantités de riz que le pays exporte. Enfin, le dérèglement climatique et les sécheresses que connaît le globe et qui perturbe les récoltes un peu partout. "Ce sont vraiment des catégories qui peuvent être touchées par un phénomène inflationniste à cause de la matière première", insiste Emmanuel Fournet, selon qui ce "phénomène de retour de l'inflation, sur certaines catégories très spéciafique, sera probablement beaucoup plus léger que ce qu'on a connu dans le passé".

De même, la fin progressive du bouclier tarifaire sur les prix de l'électricité annoncé par le gouvernement, et qui ne concerne pas uniquement les ménages mais aussi une partie des TPE, "peut effectivement avoir un impact", juge Emmanuel Fournet. Mais il persiste : "On ne va pas reprendre une vague inflationniste comme on l'a connue." Si le pic de l'inflation est bien derrière nous, nos tickets de caisse (imprimés ou non) ne sont donc pas encore pas à l'abri de quelques soubresauts d'ici la fin de l'année.



Méthodologie

franceinfo et France Bleu se sont associés au cabinet NielsenIQ, cabinet spécialisé dans le suivi de la consommation, pour établir ce panier. Sa composition répond à deux objectifs : être au plus proche de la consommation des ménages, avec un panier de produits alimentaires et d'hygiène du quotidien, et être le plus mixte possible dans sa composition, en mélangeant produits de marque nationale, produits de marques distributeurs et produits premiers prix.

Il y a une forte représentation dans notre panier des produits premiers prix et de marque distributeurs. Un choix expliqué par les tendances de ces dernières semaines : les Français se sont massivement tournés vers ces produits pour pallier l'inflation et s'ils restent encore bien moins chers que les autres, c'est aussi sur eux que la hausse des prix est la plus importante.

Chacun de ces produits a alors été rattaché à une des plus de 500 catégories de produits que surveille NielsenIQ, qui nous a fourni l'inflation moyenne de la catégorie sur le mois de février et le prix moyen du produit en France sur une période de quatre semaines, du 19 juin au 16 juillet 2023.

L'inflation du panier a ensuite été obtenue en calculant la moyenne des inflations. Pour obtenir le prix du panier par département, nous avons appliqué au montant national l'indice des prix de chaque département.

Vous n'y trouverez pas de fruits et légumes frais, car la base de données à laquelle nous avons eu accès ne permettait pas de suivre les fruits et légumes en vrac.

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