VIDEO. Otages libérés au Burkina Faso : le scénario de l'assaut mené par les forces spéciales

Les opérations de libération d'otages sont souvent considérées comme les plus complexes à réaliser. Celle qui a eu lieu dans la nuit du jeudi 9 mai au vendredi 10 mai, au Sahel, ne fait pas exception.

FRANCE 2

Depuis plusieurs jours, avec l'aide de drones et du renseignement militaire, les ravisseurs de Laurent Lassimouillas et Patrick Picque, enlevés au Bénin le 1er mai, étaient suivis à la trace. Après avoir traversé le Burkina Faso, ils s'apprêtaient à livrer les otages à un autre groupe jihadiste au Mali. Pour l'armée, il fallait alors intervenir d'urgence avant de perdre leur trace dans les sables du Sahel.

Toute la chaine de commandement militaire est alors activée. Le vice-amiral Isnard bâtit un plan d'action qu'il transmet à son supérieur, le chef d'état-major des armées, qui le soumet au président de la République. En déplacement en Roumanie, Emmanuel Macron donne alors son feu vert à une opération, jeudi 9 mai.

"Le succès, c'est de sortir les otages"

Sur le terrain, dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces spéciales françaises entrent en action. Commencent alors 200 mètres d'infiltration à découvert pour atteindre les abris où sont retenus Laurent Lassimouillas et Patrick Picque ainsi que deux autres otages, une Américaine et une Sud-Coréenne.

A 10 mètres du but, l 'alerte est donnée chez les ravisseurs. "Ils entendent les ravisseurs terroristes armer leurs armes à l'intérieur des abris, ils décident donc de monter à l'assaut", a expliqué le général François Lecointre, chef d'Etat-major des armées. Les ravisseurs ouvrent le feu et abattent alors deux soldats, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. Quatre terroristes sont ensuite tués, deux autres prennent la fuite. Les otages sont libérés, sains et saufs.

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Du point de vue des experts militaires, l'opération est malgré tout une réussite. "Le succès, c'est de sortir les otages, c'est ça le succès, analyse pour France 2 le général Dominique Trinquand. Le gros décalage qui existe souvent entre la société militaire et la société civile, c'est que la société civile s'imagine que les choses peuvne tse faire sans morts." Pour leur sacrifice, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello devraient recevoir mardi à titre posthume la légion d'Honnheur

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Le badge d'un militaire de la force Barkhane dans la base de Niamey (Niger), le 22 décembre 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)