Reportage Guerre en Ukraine : des militaires français scrutent le ciel de l'Europe de l'Est

Article rédigé par
Franck Cognard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Chaque jour, plus d'une centaine de vols militaires des pays de l'Otan s'affichent sur les écrans du Centre Air de planification et de conduite des opérations, situé sur la base aérienne 942 de Lyon Mont-Verdun. (ARMÉE DE L'AIR ET DE L'ESPACE)

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le ciel aux frontières est de l'Europe est surveillé, scruté depuis la base aérienne de Lyon Mont-Verdun. franceinfo a pu visiter le Centre Air de planification et de conduite des opérations.

L'ambiance est tellement feutrée dans cette salle du "CAPCO" que c'en est presque troublant. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le ciel aux frontières est de l'Europe est surveillé, scruté depuis la base aérienne 942 de Lyon Mont-Verdun. 

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Chaque jour, plus d'une centaine de vols militaires des pays de l'Otan s'affichent sur les écrans du Centre Air de planification et de conduite des opérations (CAPCO). Sur un mur s'étend un écran de presque 20 mètres de long pour quatre de haut. On y découvre une carte, celle de l'est de l'Europe, partagée avec l'Otan. Et dessus, des symboles, qui représentent ce qui vole. 

Sur le mur du CAPCO, sur la base aérienne 942 de Lyon Mont-Verdun, s'étend un écran de presque 20 mètres de long pour quatre de haut. On y découvre une carte, celle de l'est de l'Europe, partagée avec l'Otan. (ARMÉE DE L'AIR ET DE L'ESPACE)

"Il y a un code couleur pour identifier tout ce qui vole, glisse le lieutenant-colonel David, n°2 du centre, qui ne souhaite pas en dire plus. Je ne peux pas vous en dire plus car la classification est secrète", sourit-il. Comprenez donc que si c'est un point vert ou bleu, c'est plutôt "ami", quand le rouge ou orange représente plutôt le contraire. Mais les radars ont leur limites : ce qui vole au nom de la Russie au-dessus de l'Ukraine ne se voit pas forcément. Au contraire de tout ce qui vole sous la bannière Otan. 

Le ciel agité depuis le 24 février

Depuis le début de l'offensive russe en Ukraine, le centre note un changement dans le ciel de l'Est avec plus d'une centaine de sorties par jour depuis le 24 février. La veille du déclenchement de la guerre, le lieutenant colonel Eric était là. "Le 23 février, c'était les missions classiques de 'police du ciel' de l'Otan, qui sont en alerte au sol, que ce soit en Pologne ou dans les pays Baltes. Dès le 24, on a mis des avions en alerte en vol, le long de ces frontières avec l'Ukraine et la Biélorussie pour surveiller les approches de l'espace aérien de l'Otan", détaille-t-il. À noter également que, jusqu'alors, régulièrement, des avions militaires russes approchaient les espaces aériens français et européens, depuis le 24 février, plus rien.

Depuis le début de l'offensive russe en Ukraine, le CAPCO note un changement dans le ciel de l'Europe de l'Est. (ARMÉE DE L'AIR ET DE L'ESPACE)

Le travail de surveillance de la base de Lyon Mont-Verdun ne se limite pas à l'Ukraine. Dans une salle souterraine de la base, au centre national des opérations aériennes dirigé par le colonel Sébastien, s'affichent les 1 400 avions qui volent chaque jour au dessus de la France.

En ce moment, ce sont les avions civils russes qui sont particulièrement scrutés: "On regarde tout, mais en rajoutant quelques filtres de manière à pouvoir s'éclairer pour pouvoir flasher un appareil immatriculé en Russie ou un appareil susceptible d'être affrété par une personne morale ou physique russe", indique le colonel. Moins d'une dizaine d'avions civils russes ont tenté de transiter par la France depuis le début de la guerre en Ukraine.

Guerre en Ukraine : des militaires français scrutent le ciel de l'Europe de l'Est. Le reportage de Franck Cognard
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