Guerre en Ukraine : missiles, drones "kamikazes" et renseignements... Inquiétude sur ces armes que l'Iran livrerait à l'armée russe

Depuis plusieurs semaines, les troupes russes frappent à distance certaines grandes villes d'Ukraine avec des drones kamikazes fournis par l'Iran. Les Occidentaux craignent que cette aide militaire ne s'étende à d'autres types d'armes.

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Radio France
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Le missile balistique tactique iranien Fateh-110, lors d'un test le 25 aout 2015. (Ministère iranien de la Défense) (VAHID REZA ALAEI / IRANIAN DEFENCE MINISTRY)

La guerre des drones. Le conflit en Ukraine a pris une nouvelle tournure depuis quelques semaines avec l'utilisation par la Russie de drones kamikazes, fabriqués en Iran, qui se sont notamment abattus sur Kiev en début semaine.

>> Guerre en Ukraine : que sait-on des drones iraniens employés par l'armée russe ?

Téhéran peut-il devenir le nouveau bras armé de Moscou ? La République islamique récuse ces accusations, alors que les occidentaux redoutent, eux, un développement de livraisons d'armes en faveur de l'armée de Vladimir Poutine. 

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Accord en bonne et due forme

Si l'Iran fournit déjà à la Russie des drones de renseignements de type Ababil-2 et 3, des engins basiques et peu coûteux, Téhéran aurait également livré à Moscou des drones kamikazes, appelés Shahed-136. Ils sont équipés d'une charge explosive et sont surtout utilisés la nuit, ou à l'aube, pour déjouer les défenses anti-aériennes de l'armée ukrainienne. L'Iran arrive même à en fabriquer en grande quantité, parfois au détriment de leur fiabilité, à 20 000 dollars pièce : bien moins cher que des missiles de croisière à deux millions de dollars. 

Les Russes sont également demandeurs de missiles sol-sol de type Zolfaghar et Fateh 110, qui peuvent supporter jusqu'à 500 kilos d'explosifs. Des armes qui ont fait l'objet d'un accord signé entre les deux pays le 6 octobre dernier, lors d'une visite à Moscou du premier vice-président iranien Mohammed Mokhber. 

À ces livraisons s'ajoutent des roquettes courtes portées. Des engins, fabriqués en Iran, qui ont été utilisés pendant la guerre en Syrie et que le Hezbollah libanais possède dans son arsenal militaire. Un proche du mouvement chiite confie d'ailleurs qu'une cinquantaine de formateurs, des "Gardiens de la révolution", auraient été dépêchés dans le Donbass pour inspecter les lignes de défenses russes et prodiguer leurs conseils militaires. 

"Pas le problème du vendeur"

Alors que la Russie parle aujourd'hui d'une situation particulièrement "tendue" face à la contre-offensive de Kiev, notamment dans le sud de l'Ukraine, cette implication iranienne montre, de nouveau, les faiblesses de l'armée russe, mais reste le synonyme d'une intensification des combats.

>> Avec ses drones kamikazes, l'Iran se rapproche de la Russie et s'implique dans la guerre

L'aide militaire de Téhéran a été dénoncée par le président ukrainien. "Le fait même que la Russie appelle l'Iran à l'aide est la reconnaissance par le Kremlin de sa faillite militaire et politique", a lancé mardi 18 octobre Volodymyr Zelensky. En réaction, l'Ukraine a réduit sa présence diplomatique en Iran. Sur l'utilisation même des missiles, Téhéran répond : "L'endroit où ils sont utilisés n'est pas le problème du vendeur. Nous ne prenons pas partie dans la crise de l'Ukraine comme le fait l'Occident. Nous souhaitons une issue à la crise par la voie diplomatique". 

Reste qu'il s'agit quoi qu'il arrive d'un acte pénalement condamnable. Selon Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, interrogée sur Franceinfo, "cela pourrait potentiellement constituer une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU". L'Iran est en effet soumis à un embargo sur les armes après une décision de l'ONU en 2015, et Anne-Claire Legendre rappelle que cet embargo "ne s'impose pas uniquement aux Iraniens mais aussi aux autres Etats". La porte-parole du ministère de l'Europe et des Affaires Etrangères indique que "cette question sera soulevée au Conseil de sécurité des Nations unies jeudi".

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