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Sifflets, peluches géantes et cheminots : on vous résume la journée mouvementée de Macron au Salon de l'agriculture

Copieusement sifflé, mais aussi applaudi, Emmanuel Macron a beaucoup été interpellé par des agriculteurs inquiets, tout au long de sa visite du hall principal du salon.

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Emmanuel Macron, à l'ouverture du Salon de l'agriculture, le 24 février 2018. (CONSTANT FORME-BECHERAT / HANS LUCAS / AFP)

C'est sa "terre de conquête". Emmanuel Macron a effectué sa première visite présidentielle au Salon de l'agriculture, samedi 24 février, auprès d'éleveurs et de cultivateurs inquiets pour leur avenir. Sifflets et applaudissements ont accompagné son trajet entre les stands d'un monde paysan en pleine réorganisation. Résumé de cette journée animée.

>> DIRECT. Suivez la journée d'ouverture du Salon de l'agriculture

"Madame la vache" l'interpelle sur le bœuf argentin

"Je vais dire bonjour à la vache aussi." Si la scène, enregistrée par le Huffington Post, peut sembler comique, le premier sujet abordé samedi matin, dans le Hall 1 du Salon de l'agriculture, est sérieux. Des agriculteurs, déguisés en animaux et en fruits et légumes, s'inquiètent de l'accord de libre-échange négocié en ce moment entre l'Union européenne et le Mercosur (qui regroupe des pays d'Amérique latine). Les éleveurs redoutent notamment des importations massives de bœuf sud-américain, qui ne serait pas soumis aux mêmes contrôles que leur production.

Emmanuel Macron a donc tenté de "rassurer la vache et le poulet". Le chef de l'Etat a assuré qu'il n'y aurait "jamais", en France, "des produits qui respectent des normes autres que les normes européennes et françaises". "Aujourd'hui, on doit avoir une vraie Europe qui protège", a-t-il insisté, assurant que "l'on peut contrôler les produits à l'entrée chez nous""Il y aura des contrôles, regardez-moi bien dans les yeux, il y aura des contrôles et des résultats concrets", a promis Emmanuel Macron à l'agriculteur déguisé en vache.

Des céréaliers le sifflent au sujet du glyphosate

Emmanuel Macron a ensuite été sifflé, pendant plusieurs minutes, par des membres des Jeunes Agriculteurs (JA). 

Salon de l'agriculture : Emmanuel Macron sifflé
FRANCEINFO

Emmanuel Macron est allé à la rencontre de certains des agriculteurs qui le sifflaient, des céréaliers qui protestaient contre la fin du glyphosate, ce pesticide controversé que la France souhaite interdire d'ici trois ans. "Le glyphosate, aucun rapport ne dit que c'est innocent, il y en a qui disent que c'est très dangereux, d'autres que c'est moyennement dangereux", a insisté le chef de l'Etat.

Moi, j'aurai à répondre de ce que je fais (...) Les ouvriers agricoles, les consommateurs, qui demain diront 'Vous le saviez, vous n'avez rien fait', ils viendront me voir, ils n'iront pas vous chercher vous.

Emmanuel Macron

au Salon de l'agriculture

Le ton est monté entre le chef de l'Etat et son interlocuteur. "Je vous engueule parce que j'aime pas qu'on me siffle derrière, mais après je viens vous voir et on s'explique", a lancé le président de la République, pris à partie, promettant que "personne ne serait laissé sans solution". Le délai de trois ans pour faire disparaître le glyphosate n'a d'ailleurs pas fait l'objet d'une loi, rappelle-t-il. Autrement dit, rien de contraignant pour les agriculteurs pour l'instant.

VIDEO. Sur le glyphosate, "j'aurai à répondre" : le vif échange entre Emmanuel Macron et un agriculteur au Salon de l'agriculture

Les familles victimes réclament des "sanctions" dans l'affaire Lactalis

A la mi-journée, c'est l'association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS), qui a interpellé Emmanuel Macron, au sujet du scandale Lactalis. L'association lui a "rappelé l'urgence pour l’Etat d’agir dans l’affaire Lactalis pour que des sanctions puissent être prises au plus vite", selon son président Quentin Guillemain. Le président a promis des "sanctions financières", dans cette affaire, tout en soulignant l'importance de l'action en justice.

Un cheminot s'inquiète de la réforme de la SNCF

Preuve que tous les sujets sensibles peuvent s'inviter au salon de l'Agriculture, Emmanuel Macron a ensuite été interrogé par un cheminot sur la réforme annoncée de la SNCF"Je ne peux pas avoir d'un côté des agriculteurs qui n'ont pas de retraite et de l'autre avoir un statut cheminot et ne pas le changer", a répondu le chef de l'Etat, au cheminot de 32 ans qui lui faisait face.

Je suis petit-fils de cheminot, allez voir les agriculteurs, ils n'ont pas de statut... faut pas raconter de craques aux gens. Vous avez quel âge ? Vous n'avez pas le même rythme que mon grand-père qui était cheminot.

Emmanuel Macron

au Salon de l'agriculture

Salon de l'agriculture : Emmanuel Macron compare agriculteurs et cheminots

"Je ne suis pas du tout pour rogner sur les salaires, mais on a des éléments de statut et une gestion de l'entreprise qu'il faut adapter", a ajouté Emmanuel Macron. "Le monde n'est plus comme avant. Je ne vais pas faire rentrer un cheminot comme il y a cinquante ans, ce serait fou !", s'est-il ensuite exclamé, tout en promettant au cheminot qu'il "viendrait sur le terrain".

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