Prime d'intéressement chez PSA : "Le groupe était au bord du dépôt de bilan en 2014, le redressement est très spectaculaire", estime un économiste

Pour exprimer sa "reconnaissance" aux salariés, le directeur général de Stellantis, groupe né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, a annoncé sur franceinfo qu'il allait leur verser une prime d'intéressement de 3 000 euros.

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Les locaux de PSA à Poissy (Yvelines), le 19 janvier 2018. (FANNY BOUVARD / FRANCE-BLEU 107.1)

Une prime d'intéressement de 3 000 euros brut va être distribuée aux salariés de Stellantis en France, soit au total 430 millions. Carlos Tavares, le directeur général du groupe né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, l'a annoncé mercredi 3 mars sur franceinfo. Parmi les salariés concernés, il y a 50 000 salariés de PSA. Pour Flavien Neuvy, économiste et directeur de l’Observatoire Cetelem, invité de franceinfo ce mercredi, "ce qui est remarquable, ce sont les résultats du groupe dans le contexte de crise".

franceinfo : Cette annonce du versement d'une prime d'intéressement vous a-t-elle surpris ?

Flavien Neuvy : Non. Ce qui est remarquable, ce sont les résultats du groupe dans le contexte de crise invraisemblable que l'automobile a traversé en 2020, les ventes ont plongé de 28% en Europe. Dans ce contexte, Peugeot a mieux résisté puisque le chiffre d'affaires de PSA a reculé de moins de 20% et en parallèle la rentabilité reste excellente avec une marge opérationnelle très forte. Cela traduit le changement stratégique entamé il y a quelques années par la nouvelle direction de PSA. En 2014, le groupe était au bord du dépôt de bilan, donc le redressement est très spectaculaire.

Comment expliquez-vous une telle différence par rapport à Renault-Nissan ?

Du côté de Renault-Nissan, Nissan ne se porte pas bien non plus et cela a plombé les résultats de Renault. Les deux groupes ont des stratégies différentes. Du côté de Renault, c'est un peu la course aux volumes, il fallait vendre le plus de voitures possibles au détriment de la marge opérationnelle. Du côté de PSA, il y a eu une volonté de réduire le nombre de modèles à la vente et de recentrer la marque sur des segments plus porteurs, plus générateurs de marges, ils ont donc réussi à préserver leur rentabilité et même à l'augmenter. Aujourd'hui, PSA gagne beaucoup plus d'argent à la voiture vendue que par le passé.

Vers quel type de modèles s'est tourné PSA ?

Il y a eu une montée en gamme qui a été réalisée. On le sait dans l'industrie automobile, plus une voiture est chère, plus elle est rentable pour les constructeurs, meilleures sont les marges. À l'inverse, sur les citadines, les marges sont plus faibles. Du côté, de Renault il y a l'atout Dacia qui marche bien et se vend bien à travers le monde.

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