"Gilets jaunes" : des fins de mois difficiles

Les revendications des "gilets jaunes" se sont rapidement étendues pour demander une hausse du pouvoir d'achat. Le mouvement dépeint une France rurale ou périurbaine qui craint le déclassement social. Illustration dans un lotissement près de Meaux (Seine-et-Marne).

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France 3

Dans ce lotissement de Trilport (Seine-et-Marne) près de Meaux, beaucoup de maisons ont été construites à la fin des années 1960. Au numéro 8, Laurent Pipaud, ouvrier de 50 ans, ne rentre plus du travail en voiture, mais en vélo. Il gagne 1 500 euros par mois. Sa femme un peu plus. Mais depuis quelques mois, ils cherchent à faire des économies. Par exemple, plus de viande rouge dans le frigo : c'est trop cher. Laurent soutient les "gilets jaunes" : samedi dernier, il défilait avec eux sur les Champs-Élysées (Paris). Un événement, car d'habitude les sorties à Paris sont plutôt rares.

Les habitants soutiennent les "gilets jaunes"

Quelques maisons plus loin, au numéro 24, Jaques Le Guen, un retraité du BTP de 74 ans. Avec son épouse, ils gagnent 2 500 euros de retraite. Il a construit lui-même son pavillon, son seul patrimoine. Aujourd'hui, il se sent déclassé. Sa préoccupation du moment : le chauffage. Le prix du gaz flambe, avec + 20% sur un an, et il va falloir bientôt changer la chaudière, trop ancienne. Une inquiétude partagée par Jean-Michel Morer, le maire (DVG) de la commune, qui dénonce l'abandon des territoires périurbains.

Séverine Hebert, 43 ans, habite le pavillon numéro 16. Diététicienne à l'hôpital de Meaux, elle emprunte sa voiture tous les jours pour aller au travail, c'est plus pratique. Pour faire le plein, elle compare les prix des carburants. Ici, c'est 5 à 10 centimes moins cher que dans les autres stations, mais la facture reste conséquente. Très inquiets pour leur pouvoir d'achat à quelques semaines de Noël, la plupart des habitants de ce lotissement continuent de soutenir les "gilets jaunes".

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Des \"gilets jaunes\" manifestent contre l\'augmentation des taxes sur le carburant, le 24 novembre 2018 à Rochefort (Charente-Maritime). 
Des "gilets jaunes" manifestent contre l'augmentation des taxes sur le carburant, le 24 novembre 2018 à Rochefort (Charente-Maritime).  (XAVIER LEOTY / AFP)