Affaire Patrick Poivre d'Arvor : huit femmes accusent l'ancien présentateur télé de violences sexuelles

Ces victimes affirment auprès de "Libération" avoir subi de la part de PPDA des faits pouvant être qualifiés de viol, d'agression sexuelle ou de harcèlement sexuel.

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France Télévisions
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Le journaliste Patrick Poivre d'Arvor au festival du cinéma américain de Deauville, le 11 septembre 2019. (LOIC VENANCE / AFP)

Certaines témoignent pour la première fois à visage découvert. Dans l'édition du lundi 8 novembre de Libération (article payant), huit femmes accusent Patrick Poivre d'Arvor de faits pouvant être qualifiés de "viol", d'"agression sexuelle" ou de "harcèlement". Selon le quotidien, "elles ont été choquées" par le classement sans suite de l'enquête préliminaire ouverte à la suite de la plainte déposée par l'écrivaine Florence Porcel.

Toutes font partie des 22 femmes qui ont été entendues par la justice. Sept d'entre elles ont accepté de témoigner publiquement auprès du journal. Plusieurs, dont la scénariste et ancienne journaliste Hélène Devynck, s'étaient déjà exprimées dans une enquête du Monde (article payant) publiée en mars 2021. Elles dénoncent un "schéma de domination" de l'ancien présentateur vedette, qui "mêle abus de pouvoir et sentiment de toute-puissance, écrasement des plus faibles et silence complice".

"Un mode opératoire similaire"

Les récits de ces femmes sont marqués par "les récurrences et similitudes", relève Libération. Ces témoignages "décrivent Patrick Poivre d'Arvor comme un prédateur sexuel abusant de sa notoriété et usant d'un mode opératoire similaire dans l'approche de ses victimes et dans la brutalité de ses actes, commis sans la moindre tentative de séduction, ni la moindre considération envers les femmes qui osaient refuser ses avances", constate également le policier chargé de l'enquête dans son rapport final, que Libération a consulté.

Dans le dossier classé sans suite par le parquet de Nanterre, huit femmes avaient déposé des plaintes pour "viols", "agressions sexuelles", "tentatives d'agression sexuelle" ou "harcèlement sexuel". Leurs plaintes ont été classées sans suite par le parquet de Nanterre en raison de la prescription et parce les faits dénoncés de "harcèlement sexuel" étaient antérieurs à 2012, date à laquelle le délit de harcèlement sexuel a été créé par la loi.

Bientôt l'ouverture d'une information judiciaire ?

La plainte pour un viol en 2009, déposée par Florence Porcel, seul fait non prescrit reproché au journaliste, avait été classée en raison d'une "insuffisance de preuves", selon le parquet. L'écrivaine doit déposer une plainte avec constitution de partie civile, qui entraîne automatiquement l'ouverture d'une information judiciaire, confiée à un juge d'instruction. Ce dernier ne pourra être saisi que sur ces faits de viol mais pourra consulter l'intégralité du dossier et entendre les autres femmes, malgré la prescription.

Selon nos informations, cette plainte n'a pas encore été déposée car les avocats de Florence Porcel travaillent beaucoup dessus. Selon Emmanuel Moyne et Joséphine Doncieux, la publication des témoignages dans Libération "contribue à montrer l’existence d'un système, d'un mode opératoire bien identifié, et le caractère contestable de la décision de classement rendue en juin". Sollicitée par franceinfo, l'avocate de Patrick Poivre d'Arvor, Jacqueline Laffont, n'avait pas donné suite mardi soir. 

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