Seine-Saint-Denis : ce que l'on sait de la mort d’un adolescent de 15 ans tué par arme à feu à Bondy

L'homicide a eu lieu vendredi après-midi dans la maison de quartier Nelson-Mandela. La victime était inconnue des services de police, selon France Télévisions. Une rivalité serait à l'origine du drame.

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Devant la maison des jeunes Nelson-Mandela, à Bondy (Seine-Saint-Denis), le 26 février 2021. (MATHIEU JANIN / MAXPPP)

Un adolescent de 15 ans a été tué par balles, vendredi 26 février, à Bondy, en Seine-Saint-Denis. Le garçon, prénommé Aymen, se trouvait à l'intérieur d'une maison de quartier lorsqu'un tireur, depuis la rue, l'a abattu. Samedi, "les deux auteurs présumés se sont présentés et viennent d'être placés en garde à vue", a précisé le parquet de Bobigny samedi. Voici ce que l'on sait des faits et de l'enquête. 

Que s'est-il passé ?

L'adolescent se trouvait à l'intérieur de la maison de quartier Nelson-Mandela à Bondy, vendredi 26 février vers 17 heures, lorsqu'un tireur qui était dans la rue l'a atteint. Selon une source policière, contactée par France Télévisions, deux hommes étaient arrivés à scooter à cet endroit peu auparavant. L'un a mis pied à terre et a tiré sur l'adolescent. Puis les deux personnes ont pris la fuite. L'adolescent, touché par balle à la poitrine, selon la même source policière, a succombé à ses blessures. 

Dans un communiqué posté sur Twitter, le maire Les Républicains de Bondy, Stephen Hervé, a évoqué "un drame atroce", survenu dans le bâtiment municipal servant de centre de loisirs. Il a salué "l'exemplarité des animateurs qui ont fait leur maximum pour protéger les jeunes qui fréquentent la structure".

Selon les premiers éléments de l’enquête, rapportés à France Télévisions, il ne s’agit pas d’une guerre de bandes ou de règlements de comptes sur fond de trafic de stupéfiants, mais de l'issue tragique d’un différend entre la victime, inconnue des services de police, et un autre adolescent. Ces derniers mois, le grand frère d’un jeune du quartier s’en serait pris à plusieurs reprises à l’adolescent décédé, selon les informations de France Télévisions"A ce stade des investigations, il apparaît qu’un différend opposait la victime et ses agresseurs depuis près d’un an sans que l’origine ne soit, pour l’heure, connue", précise le parquet de Bobigny dans un communiqué.

Qui était la victime ?

Le garçon tué était prénommé Aymen. "Je ne peux pas imaginer qu'un jour je vais oublier le drame, que je vais oublier l'image de mon fils qui me dit 'Papa, j'ai mal", témoigne son père, interrogé samedi par France 3.

L'adolescent était réputé assidu au cours de boxe, avant les restrictions sanitaires. Dans un message posté sur Facebook, son entraîneur au club de Bondy, Christophe Hamza, le décrit en des termes élogieux. 

"Aymen était un bon garçon, volontaire et téméraire. Il va beaucoup nous manquer, paix à son âme."

Christophe Hamza

entraîneur de boxe à Bondy

"Mon staff, écrit encore le coach, se joint à moi pour témoigner à sa famille toute notre peine et notre douleur. Je suis triste en tant que père, je suis touché en tant qu'homme et je le vis comme un échec en tant que coach sportif. Je suis consterné, je suis abattu, je suis en colère car sa vie s'est arrêtée aujourd'hui un vendredi à l'heure à laquelle il était censé s'entraîner à la boxe. Nos clubs sont fermés depuis des mois, nos enfants tournent en rond... Je n'incrimine personne, mais nous devons réagir tous ensemble pour que cela ne se reproduise plus !"

Où en est l'enquête ? 

Le parquet de Bobigny a confié l'enquête à la police judiciaire du département. Deux jeunes hommes se sont présentés d'eux-mêmes à la police et ont été placés en garde à vue, samedi 27 février à Bobigny.

Selon les informations de France Télévisions, il s’agit de deux demi-frères âgés de 17 et 27 ans. Le plus âgé est soupçonné d'être le tireur. Ils sont tous les deux connus des services de police, le plus jeune, notamment pour des menaces de mort, le second pour de nombreux faits allant de l’extorsion au trafic de drogues, en passant par la possession d’armes. Les deux suspects sont donc entendus par les enquêteurs qui tentent de déterminer les raisons de leur passage à l’acte.

Dans quel contexte intervient cet homicide ?

La région parisienne avait déjà été marquée en début de semaine par la mort de deux adolescents de 14 ans dans un autre département, l'Essonne : une adolescente et un adolescent avaient été poignardés lors de deux rixes distinctes entre jeunes de bandes rivales.

Le maire de Bondy a lancé un "appel général au calme et à la raison", tout en jugeant indispensable "une présence renforcée" des forces de police pendant plusieurs semaines dans sa ville. Il a annoncé qu'une cellule de soutien avait été mise en place "pour les témoins et l'entourage de la victime, profondément choqués".

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