Manuel Valls persiste : "Dénoncer le burkini, c'est dénoncer un islamisme mortifère, rétrograde"

Après la décision du Conseil d'Etat d'invalider l'arrêté anti-burkini de Villeneuve-Loubet, le Premier ministre s'est exprimé sur son compte Facebook. Il estime que cette ordonnance "n'épuise pas le débat".

Le Premier ministre Manuel Valls s\'exprime lors d\'une visite à l\'école de gendarmerie de Richemont, à Montluçon (Allier), le 11 août 2016.
Le Premier ministre Manuel Valls s'exprime lors d'une visite à l'école de gendarmerie de Richemont, à Montluçon (Allier), le 11 août 2016. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

La réaction de Manuel Valls était attendue, après la décision du conseil d'Etat d'invalider l'arrêté anti-burkini pris par la mairie de Villeneuve-Loubet. Le Premier ministre estime vendredi soir, sur son compte Facebook, que l'ordonnance du Conseil d'Etat "n'épuise pas le débat". Il annonce aussi que  le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve fera des propositions lundi sur la "construction de l'islam de France".

"Le combat est d'abord politique et culturel".

"Toute décision d’interdiction doit effectivement établir le risque d’atteinte à l’ordre public et être appliquée avec discernement (...) Mais le Conseil d’Etat ne prive pas les maires de ce pouvoir ; il en rappelle à nouveau les conditions de son exercice, dans un cadre juridique conforme aux principes constitutionnels", écrit le chef du gouvernement. Manuel Valls avait soutenu les maires ayant promulgué des arrêtés prohibant le port du burkini sur les plages.

"Le combat est juridique, chaque fois qu’un risque de trouble à l’ordre public sera établi. Mais le combat est d’abord, et avant tout, politique, au sens le plus profond du mot, culturel, pour dire ce que nous n’acceptons pas, car cela met en danger la cohésion de la Nation", poursuit-il.

"Il n'y a pas de liberté qui enferme les femmes"

Pour Manuel Valls, "l'ordonnance du Conseil d’Etat n’épuise pas le débat qui s’est ouvert dans notre société sur la question du burkini". "Dénoncer le burkini, ce n’est en aucun cas mettre en cause une liberté individuelle. Il n’y a pas de liberté qui enferme les femmes ! C'est dénoncer un islamisme mortifère, rétrograde. Une vision que je n'accepte pas au nom même de la place que l'islam doit trouver dans notre société." Le Premier ministre, qui a toujours défendu une conception stricte et offensive de la laïcité, estime que ce n'est pas "un débat anodin", mais un débat de fond".

Après avoir dénoncé un "islamisme politique (...) qui est le fait d’une minorité", le Premier ministre affirme : "Les Français (...) attendent qu’un islam de son temps, revendiquant pleinement les valeurs de la République, l’emporte. Et c’est en premier lieu aux musulmans de France de le construire, de mener ce combat culturel. Ils sont les premiers confrontés à la violence du message salafiste, radical."

Et de conclure : "Avec le ministre de l’Intérieur, nous avons voulu relancer la construction d’un islam de France, apaisé, indépendant des influences étrangères. Bernard Cazeneuve fera des propositions ce lundi."