Agressions de policiers : Emmanuel Macron doit mettre "les mains dans le cambouis", réclame le syndicat Alliance

Un "rappel à la loi" ne peut pas être une "réponse pénale" satisfaisante quand un policier est attaqué, insiste le syndicat qui demande au président d'"obliger la justice à faire son travail de protection des policiers".

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Radio France
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Manifestation de policiers à Paris, le 2 octobre 2019. (JAN SCHMIDT-WHITLEY/LE PICTORIUM / MAXPPP)

Emmanuel Macron "doit mettre les mains dans le cambouis"', estime mercredi 14 octobre sur franceinfo le délégué régional du syndicat de police Alliance, Claude Carillo, après qu'un policier a été grièvement blessé, renversé par une voiture, dans la nuit de mardi à mercredi à Savigny-sur-Orge (Essonne). Le syndicaliste déplore "des sanctions trop minimes" lorsque certains s'en prennent à la police.

franceinfo : Avez-vous des nouvelles de votre collègue ?

Claude Carillo : Il est toujours hospitalisé, bien évidemment. Il est en attente de passer un scanner supplémentaire parce qu'on a des fortes craintes suite à une hémorragie importante au niveau du crâne. Il est entre la vie et la mort tout simplement.

Que ressentez-vous ?

De la colère. On subit des violences quotidiennes. Je rappelle quand même, le 8 octobre 2016, ce qui s'est passé sur la Grande Borne [à Viry-Châtillon] : quatre de nos collègues agressés qui ont subi une tentative d'homicide par arme incendiaire. Le 8 octobre 2020 nos collègues de d'Herblay qui se font tirer dessus à bout portant avec leurs armes qui leur ont été dérobées. Et puis là aujourd'hui, un individu, qui ne veut pas s'arrêter et qui fonce délibérément sur notre collègue.

Aujourd'hui, vous allez au travail avec la boule au ventre ?

Le problème aujourd'hui que nous avons, c'est un problème de fond, c'est le manque de sanctions.

On n'est pas protégés par la justice. 

Claude Carillo, délégué régional du syndicat de police Alliance

à franceinfo

Quand on demande un moratoire des sanctions données, ce n'est pas pour rien. C'est tout simplement parce qu'un rappel à la loi pour une agression d'un policier, on ne peut plus le tolérer. Les sanctions sont trop minimes et il faut arrêter cela et que la justice durcisse ces sanctions envers les agresseurs des policiers.

Après Gérard Darmanin mardi, vous rencontrez le président jeudi, qu'attendez-vous du chef de l'État ?

Qu'il mette les mains dans le cambouis, et qu'il oblige la justice à faire son travail de protection des policiers en sanctionnant durement les délinquants. Lorsqu'on nous dit qu'une réponse pénale, c'est un rappel à la loi, je suis désolé, ce n'est pas une réponse pénale. Est-ce que du sursis aussi, c'est à la hauteur ? Donc, il va falloir vraiment s'asseoir autour d'une table et en parler clairement. Sur le terrain, c'est devenu invivable. Je rappelle que sur l'Essonne, tout l'été, c'était un policier blessé tous les jours et des agressions systématiques.

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