"Les homosexuels ne sont toujours pas libres de vivre et d'aimer tels qu'ils sont dans notre pays"

Selon Joël Deumier, le président de SOS Homophobie, "les homosexuels ne sont toujours pas libres de vivre et d'aimer tels qu'ils sont dans notre pays".

Le président de SOS Homophobie dénonce une persistance de l\'homophobie en France.
Le président de SOS Homophobie dénonce une persistance de l'homophobie en France. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

"L'homophobie persiste et reste ancrée dans la société française", estime sur franceinfo le président de SOS Homophobie, mercredi 27 juin. Joël Deumier réagit au sondage Ifop pour l'Observatoire de l'homophobie, selon lequel une personne LGBT sur deux (53%) en France a déjà subi au moins une agression verbale ou physique à caractère homophobe dans sa vie. Au cours des dix dernières années, 29% des personnes interrogées ont été agressées verbalement et 14% physiquement.

franceinfo: Que pensez-vous de cette étude ?

Joël Deumier C'est un chiffre qui est très préoccupant, alarmant et inacceptable dans un pays comme la France, qui est censé garantir la liberté de toutes et tous. On constate que les homosexuels ne sont toujours pas libres de vivre et d'aimer tels qu'ils sont dans notre pays.

Comment sont perçues les personnes homosexuelles par la société ?

La société progresse, cela va mieux, mais l'homophobie persiste et est ancrée dans la société française. On le voit, elle est présente dans tous les territoires, dans les villes, les campagnes, dans tous les milieux sociaux et dans tous les domaines d'activités, de la santé à l'école. Aujourd'hui, 43% des homosexuels en couple n'osent pas embrasser ou tenir la main de leur partenaire dans les lieux publics, de peur d'être agressés. Les homosexuels apprennent très tôt à se cacher, à mettre en œuvre des stratégies de dissimulation de leur homosexualité, des stratégies pour éviter l'homophobie et au-delà des agressions physiques et des insultes, les discriminations.

Une marche des fiertés est organisée samedi à partir de 14 heures à Paris, place de la Concorde. Que souhaitez-vous ?

On invite toutes les personnes à venir nombreux et nombreuses pour lutter, pour marcher contre les discriminations et pour l'égalité des droits. Venez en famille, avec vos amis, au-delà des personnes homosexuelles. On doit être très nombreux pour montrer que les homosexuels ne sont pas traités de la même manière dans ce pays, malgré l'avancée de droits et qu'il y a une homophobie qui est ancrée.