La Ciivise dans la tourmente : "Quel gâchis !", réagit l'activiste des droits de l'enfant Arnaud Gallais

La démission de Sébastien Boueilh de ses fonctions de président de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants est un "gâchis" pour Arnaud Gallais, cofondateur de MouvEnfants.
Article rédigé par France Info
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Arnaud Gallais, activiste des droits de l'enfant, invité le 17 novembre 2023 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Quel gâchis !" réagit vendredi 9 février sur franceinfo Arnaud Gallais, activiste des droits de l’enfant, cofondateur de MouvEnfants et ancien membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, la Ciivise, après la démission de Sébastien Boueilh de ses fonctions de président de la commission.

Pour l'activiste des droits de l'enfant, la position de Sébastien Boueilh, qui a soutenu sa vice-présidente, Caroline Rey-Salmon, accusée d'agression sexuelle, "c'est choquant". Lui-même victime d'inceste, Arnaud Gallais estime que la Ciivise était "un espace de soutien social inconditionnel, c'est-à-dire qu'on prenait en compte cette parole des victimes", tout en prenant en compte la question de la "présomption d'innocence", mais en prenant aussi un "principe de précaution". Sébastien Boueilh affirme, lui, être "la cible de calomnies".

"Une incompréhension totale de l'éviction du juge Durand"

Arnaud Gallais regrette le remplacement d'Edouard Durand, juge pour enfants, écarté de la Ciivise en décembre dernier au profit du rugbyman Sébastien Boueilh. "Quel gâchis !" s'exclame Arnaud Gallais, qui rappelle qu'Edouard Durand avait gagné "la confiance de nombreuses victimes, avec 30 000 témoignages en 3 ans". Il a notamment "une pensée pour les victimes, toujours dans une incompréhension totale de l'éviction du juge Durand".

Mais ces remous à la tête de la Ciivise sont "en réalité, le symptôme" du problème de la prise en compte de l'inceste en France. C'est, selon Arnaud Gallais, "très souvent comme ça que les choses se passent quand on ose dénoncer et qu'on ose dire qu'on a été victime de violences sexuelles". Or, la Ciivise dit, "que dans ce pays, seuls 3 % des agresseurs d'enfants sont condamnés, on parle de 160 000 enfants victimes chaque année. Et quand on dit que ça dysfonctionne à tous les niveaux, on a un risque d'être mis de côté".

Il adresse cependant un message d'espoir à la nouvelle ministre déléguée chargée de l'Enfance, de la Jeunesse et des Familles, Sarah El Haïry, "on doit aujourd'hui impulser une culture de la protection de l'enfance, être à la hauteur des enjeux. Sortons par le haut [de cette crise à la Ciivise]. Soyons à la hauteur des 30 000 personnes qui nous ont fait confiance et je pense que ce n'est jamais trop tard", lance-t-il.

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