L'arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert a commencé, malgré l'opposition de ses parents

Le sort de ce patient, plongé dans un état végétatif, fait l'objet d'une bataille judiciaire depuis dix ans. Les avocats de ses parents ont à nouveau saisi la justice pour faire arrêter la sédation profonde qui a débuté lundi matin.

Vincent Lambert sur son lit d\'hôpital, en 2013.
Vincent Lambert sur son lit d'hôpital, en 2013. ( FRANCE 2 / FRANCETV INFO )

Après des années de bataille judiciaire sur fond de débat sur la fin de vie, l'arrêt des soins prodigués Vincent Lambert a débuté, lundi 20 mai, au CHU de Reims. Son médecin traitant, le docteur Vincent Sanchez, l'a annoncé à la famille dans une lettre.

Les avocats des parents de Vincent Lambert avaient annoncé dimanche qu'ils allaient déposer trois recours contre cette décision. Lundi, l'un d'eux, Jean Paillot, a confirmé avoir saisi la justice pour demander l'arrêt de la sédation, confirmant une information de RTL

"C'est une honte, un scandale absolu, ils n'ont même pas pu embrasser leur fils", a-t-il réagi auprès de l'AFP, lundi, après l'annonce de l'équipe médicale. Dans sa lettre, l'hôpital explique que les horaires de visite ont été "élargis".

Une possibilité ouverte par le Conseil d'Etat 

Vincent Lambert, aujourd'hui âgé de 42 ans, est hospitalisé depuis 2008, après qu'un accident de la route l'a rendu tétraplégique et plongé dans un état végétatif. Son cas fait l'objet d'une longue bataille juridique qui déchire sa famille : ses parents, un frère et une sœur s'opposent à l'arrêt des soins ; son épouse et son neveu, en revanche, affirment qu'il avait pris position contre tout acharnement thérapeutique.

Le 24 avril, le Conseil d'Etat avait validé l'interruption des traitements qui le maintiennent en vie. Depuis, la Cour européenne des droits de l'homme et le tribunal administratif de Paris ont rejeté des demandes de suspension de cette décision déposées par les parents de Vincent Lambert. Dans la foulée de la décision du Conseil d'Etat, le docteur Vincent Sanchez avait annoncé que l'arrêt des soins débuterait "la semaine du 20 mai 2019".