Affaire Vincent Lambert : la CEDH rejette la requête des parents, qui souhaitaient le maintien des soins pour leur fils, plongé dans un état végétatif

Le Conseil d'Etat avait validé la semaine dernière la décision d'arrêter les soins envers Vincent Lambert, prise en avril 2018 par le CHU de Reims. Mais la bataille judiciaire n'est pas terminée pour autant.

Viviane Lambert, mère de Vincent Lambert, le 20 janvier 2019 à Paris.
Viviane Lambert, mère de Vincent Lambert, le 20 janvier 2019 à Paris. (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

C'est une nouvelle étape dans le long parcours judiciaire qui oppose, depuis 2013, les parents de Vincent Lambert aux médecins. La Cour européenne des droits de l'homme a rejeté, mardi, la requête des parents de Vincent Lambert contre l'arrêt du Conseil d'Etat qui avait validé la semaine dernière la décision d'arrêter les soins de leur fils, dans un état végétatif depuis dix ans. La CEDH a "refusé les demandes de mesures provisoires qui lui ont été présentées, à savoir de suspendre l'exécution de l'arrêt du Conseil d'État du 24 avril 2019 et prononcer une interdiction de sortie du territoire de Vincent Lambert", a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Vincent Lambert, ancien infirmier psychiatrique de 42 ans, est dans un état végétatif à la suite d'un accident de la route en 2008. Il souffre de lésions cérébrales "irréversibles", selon l'avis de plusieurs médecins et experts. 

Les parents poursuivent leur bataille judiciaire

Après la validation de la décision médicale d'arrêter les soins par le Conseil d'Etat le 24 avril, les parents de Vincent Lambert ainsi que son demi-frère et une de ses sœurs, avaient saisi la CEDH et le Comité international de protection des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l'ONU, ultimes recours d'une bataille judiciaire qui dure depuis plus de six ans. La femme de Vincent Lambert, Rachel, son neveu et six de ses huit frères et sœurs souhaitent, pour leur part, l'arrêt des soins.

Déjà saisie en 2015, la CEDH avait validé l'arrêt des soins dans un arrêt de grande chambre. "Si nous ne pouvons que déplorer cette décision de la CEDH qui condamne Vincent Lambert à mort pour la 5e fois, c'est du CIDPH que nous attendons aujourd'hui et principalement que les droits de Vincent Lambert soient enfin défendus", ont réagi dans un communiqué ses parents, son demi-frère et sa sœur.