Mur construit entre Paris et Pantin : "C'est insupportable, c'est intolérable, c'est honteux et irresponsable", dénonce le maire de Pantin

Pour le maire PS Bertrand Kern, les consommateurs de crack visés par cette construction "ont besoin non pas d'une réponse sécuritaire, mais d'une réponse sociale et sanitaire".

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Radio France
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Après l’installation dans un square porte de la Vilette de toxicomanes, évacués de la rue Riquet vendredi 24 septembre, un mur a été construit pour empêcher la circulation côté Pantin des toxicomanes.  (FRED DUGIT / MAXPPP)

"C'est insupportable, c'est intolérable, c'est honteux et irresponsable", dénonce le maire socialiste de Pantin Bertrand Kern dimanche 26 septembre sur franceinfo, deux jours après la construction d'un mur entre Paris et Pantin, en Seine-Saint-Denis, pour empêcher les consommateurs de crack de s'installer sous un tunnel reliant les deux villes. L'élu a demandé un rendez-vous en urgence au Premier ministre Jean Castex, mais attend toujours sa réponse.

Des conditions "d'insalubrité totale"

"Je pense qu'il y a une erreur qui a été faite par le ministre de l'Intérieur et la préfecture de police", commente l'élu, qui reproche au ministre d'avoir déplacé les toxicomanes à la Porte de la Villette sans avoir pris en compte le faire qu'à "50 mètres derrière le périphérique, il y a 12 000 habitants dans le quartier des Quatre-chemins". Bertrand Kern dit avoir "peur pour la sécurité des habitants de Pantin" et craint une "réaction violente d'une partie de la population" face aux toxicomanes.

Le maire de Pantin rappelle que le quartier des Quatre-chemins est "l'un des quartiers les plus pauvres de France" et qu'il est déjà "victime d'un trafic de cigarettes assez intensif". Il explique se battre "pour essayer de faire revivre ce territoire" mais "au moment où vous commencez à avoir des résultats positifs, l'Etat décide de déporter un problème qui est au centre de Paris à sa périphérie. Ce n'est jamais vers l'Ouest parisien. C'est toujours vers l'Est parisien et c'est toujours vers la Seine-Saint-Denis, et à la fin, trop c'est trop".

Je suis allé voir les gens du quartier, voir quelques consommateurs de crack. C'est un spectacle qui est désolant, c'est de la détresse humaine, ça vous fend le cœur.

Bertrand Kern, maire de Pantin

à franceinfo.

"Vous voyez entre 130 et 150 hommes et quelques femmes dans une espèce de bidonville aux portes de Paris, dans des conditions d'insalubrité totale, et qui aujourd'hui ont besoin non pas d'une réponse sécuritaire mais d'une réponse sociale et sanitaire", regrette-il, assurant que "beaucoup d'entre eux ne demandent qu'à ce qu'on leur tende la main et de pouvoir sortir de ce crack qui est une drogue affreuse et très dépendante".

Ce mur, qui a été construit à la demande de la préfecture de police de Paris, est une mesure "temporaire" pour "protéger les habitants de Pantin", selon une source policière de franceinfo, après l'évacuation de toxicomanes du jardin d'Eole, dans le 19ème arrondissement de Paris. Ils ont été transportés en bus vers le Square de la Porte de la Villette, entre Paris et Pantin, où se trouvait donc ce tunnel entre les deux villes.

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