Consultation chez le médecin à 26,50 euros : "On ne va pas donner envie aux jeunes" de faire ce métier, se désole la Confédération des Syndicats médicaux français

Pour Jean-Luc Duquesnel, président des généralistes de la CSMF, l'augmentation du tarif des consultations de 1,50 euro ne prend pas en compte l'inflation.
Article rédigé par France Info
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Une consultation de médecin. Image d'illustration. (PIERRICK DELOBELLE / MAXPPP)

"Alors qu'on manque de médecins traitants, on ne va pas donner envie [aux jeunes de faire ce métier] et les choses vont continuer à se dégrader", se désole lundi 24 avril sur franceinfo Jean-Luc Duquesnel, le président des médecins généralistes de la Confédération des syndicats médicaux français, rappellant que le prix de cette consultation "est de 25 euros depuis 2017". Jean-Luc Duquesnel estime que faire passer le tarif à 26,50 euros ne prend pas en compte l'inflation, et ce d'autant que "les mesures annoncées aujourd'hui ne s'appliqueront qu'à la fin de l'année". Le président des généralistes de la CSMF craint donc que cette mesure acte "une dévalorisation pour les médecins généralistes, une profession qui n'attire plus les jeunes". 

"Le gouvernement acte une dévalorisation de la consultation médicale générale", estime Jean-Luc Duquesnel, alors que la consultation chez un médecin généraliste doit augmenter de 1,50 euro à l'automne, faisant passer le tarif des consultations à 26,50 euros pour les généralistes et 31,50 euros pour les spécialistes. Cette revalorisation a été annoncée un peu plus tôt par Annick Morel, l'ancienne inspectrice des Affaires sociales désignée médiatrice par le ministre de la Santé François Braun pour solder le différend entre les médecins et l'Assurance maladie. Elle est jugée insuffisante par la Confédération des Syndicats médicaux français qui plaidait pour qu'elle "passe à 30 euros dans le cas d'une consultation de base".

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La CSMF propose "un contrat d’engagement collectif territorial"

La proposition d'Annick Morel doit encore être validée par le gouvernement. Elle est en tous les cas provisoire, afin de donner le temps aux syndicats de médecins et à l'Assurance maladie de trouver un accord pour les cinq prochaines années. Il y a deux mois, les négociations conventionnelles s'étaient soldées par un échec. "On a voulu nous imposer un contrat individuel", explique Jean-Luc Duquesnel. Pour revenir autour de la table des négociations, il évoque plusieurs "conditions à remplir : pas de contrat individuel, que la consultation de base tienne compte de l'inflation, donc 30 euros pour tous les médecins généralistes et que l'enveloppe dédiée à cette négociation soit augmentée". En effet, le président des généralistes de la CSMF accuse "le gouvernement de n’augmenter les enveloppes dédiées à la santé que pour l’hôpital" et non pour "la médecine ambulatoire et les soins ambulatoires en ville".

Jean-Luc Duquesnel a par ailleurs plusieurs propositions à faire à l'Assurance maladie. Il se dit ainsi favorable à "un contrat d’engagement collectif territorial". Le médecin généraliste s'engagerait par exemple "sur un territoire à prendre les soins non programmés, à ce que la permanence des soins fonctionne". Il appelle également les autorités et l'Assurance maladie à "faire confiance" aux médecins libéraux. "On a montré pendant la crise sanitaire, notamment avec les centres de vaccination, que les professionnels de la santé savent collectivement s’organiser sur les territoires", martèle-t-il. Il estime que "ce qui manque avant tout dans les relations entre les médecins libéraux et le gouvernement, c’est la confiance".

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