VIDEO. Covid-19 : diminuer les contacts physiques, "pratiquement la seule stratégie" pour enrayer la pandémie, selon Axel Kahn

Le généticien critique la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement qui n'a pas assez mis en garde les Français à la sortie du déconfinement et a fait des "erreurs grossières".

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Alors que le cap du million de cas est dépassé en France, et que 54 départements sont désormais concernés par le couvre-feu, "l'épidémie de Covid-19 est difficilement contrôlable", estime Axel Kahn, président de Ligue nationale contre le cancer. 

Au stade où on en est, les mesures classiques que sont le dépistage des cas, l'identification des contacts, l'isolement, etc, sont totalement dépassées et cela ne suffira pas.

Axel Kahn, généticien

à franceinfo

"Maintenant, on est au stade où pour essayer d'enrayer l'épidémie, il faut vraiment diminuer les contacts physiques. C'est pratiquement la seule stratégie qui est à notre disposition à ce stade", alerte-t-il.

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Limiter les contacts est l'objectif principal du couvre-feu, aujourd'hui mis en place dans une cinquantaine de département. "Est ce que je crois en l'efficacité de la réponse est oui. Est ce qu'elle sera suffisante ? Hélas, sans doute pas", juge, fataliste, Axel Kahn. Pour le médecin, le couvre-feu, "un confinement nocturne", a pour but de "diminuer la contamination du début de la chaîne de transmission, les jeunes".

Aujourd'hui "le virus est partout"

Pour Axel Kahn, la deuxième vague pourrait être plus dangereuse que la première. "Il y a une très grande différence entre la pandémie du printemps et l'épidémie à l'heure actuelle, c'est qu'aussi bien en France que dans l'Europe, il y avait des zones préservées. Aujourd'hui, il n'y a plus de zones préservées, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Tchéquie, l'Allemagne et la Grèce, qui étaient quasiment indemnes, sont touchées. Le virus est partout et c'est la raison pour laquelle cette poussée épidémique pourrait être plus grave".

J'eusse aimé que depuis le départ il n'y ait pas systématiquement un peu un métro de retard dans les mesures proposées par le gouvernement.

Axel Kahn.

"Le gouvernement avait l'intention, et il avait raison, d'essayer de maintenir à tout prix l'activité économique et c'est normal. Cela étant dit, lors du déconfinement, il n'a pas assez, et avec pas assez d'énergie, averti les Français que le virus était encore là, déplore le médecin. Ils se sont contaminés, n'ont pas respecté les gestes barrières". Et si l'on devait reconfiner localement, ce serait "dramatique" pour l'économie, selon le généticien. "Si on est obligé de reconfiner, l'économie s'arrêtera", assure-t-il.

La réouverture des universités : "Une erreur grossière"

Axel Kahn, ancien président de l'université Paris 5 René Descartes de 2007 à 2011, regrette aussi que le gouvernement ait "rouvert les universités en présentiel comme si de rien n'était. 500 étudiants dans un amphithéâtre au début, c'était totalement absurde". Il y voit une "erreur grossière", "le nombre de contaminations d'étudiants a été considérable. Alors, c'est pas de là que tout vient, mais c'est un erreur importante, il n'y a pas de doute".

Sur le risque de contracter le Covid-19 dans les transports en commun, le médecin se veut là par contre plutôt rassurant. "En réalité on a pas exactement le nombre de contaminations dans le métro. Il y en a moins que l'on ne pourrait le penser, poursuit Axel Kahn. "On se contamine en se parlant, c'est-à-dire en diffusant un aérosol vers l'autre. Dans le métro, on parle assez peu, on est assez coi et donc il y assez peu de contaminations."

Le généticien Axel Kahn, président de Ligue nationale contre le cancer, le 24 octobre 2020 sur franceinfo.
Le généticien Axel Kahn, président de Ligue nationale contre le cancer, le 24 octobre 2020 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)