Covid-19 : cinq questions sur l'extension du couvre-feu à 38 nouveaux départements et à la Polynésie française

Le gouvernement a annoncé jeudi que le couvre-feu allait s'appliquer dans 38 nouveaux départements. Désormais, 46 millions de Français sont concernés par la mesure, destinée à freiner la circulation du coronavirus.

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Une vue des rues désertées à Paris près de l'opéra Garnier, le 17 octobre 2020, après le début du couvre-feu. (JULIEN MATTIA / ANADOLU AGENCY / AFP)

Plus de la moitié des départements français seront, à minuit dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 octobre, concernés par le couvre-feu. Désormais, 46 millions de Français dans 54 départements, soit 38 supplémentaires, sont privés de sorties entre 21 heures et 6 heures, a annoncé le Premier ministre Jean Castex jeudi soir. 

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Ces mesures complémentaires ont pour objectif d'endiguer le fort rebond de l'épidémie de Covid-19. Plus de 41 600 cas ont été diagnostiqués en 24 heures en France, soit 15 000 de plus que la veille, ce qui établit un nouveau record. Franceinfo répond à cinq questions sur l'extension du couvre-feu.

1Sur quels critères un département est-il placé en couvre-feu ?

Le gouvernement a retenu trois critères pour appliquer le couvre-feu dans un département. Il s'agit des mêmes critères qui lui permettaient de placer un département en alerte maximale dans l'ancienne nomenclature. Le premier est un taux d'incidence qui dépasse les 250 cas positifs pour 100 000 habitants. Par exemple, le taux d'incidence est actuellement de 727 dans la Loire, de 615 dans le Rhône et de 425 à Paris, selon les chiffres de Santé publique France en date du 22 octobre.

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Le deuxième critère est un taux d'incidence chez les personnes âgées supérieur à 100, c'est-à-dire 100 cas positifs pour 100 000 personnes de plus de 65 ans. Enfin, le dernier critère est un taux d'occupation des lits dans les services de réanimation supérieur à 30% et "une dynamique conduisant à un dépassement des 50% dans les prochaines semaines", explique le site du gouvernement

"Il y a quand même une évaluation humaine, il ne suffit pas de dépasser les trois seuils, précise à franceinfo la direction générale de la santé. On prend en compte aussi la dynamique des indicateurs." La prise en compte de cette dynamique explique ainsi que le Gard soit concerné par le couvre-feu, alors que le taux d'incidence dans ce département est de 247, juste sous le seuil de 250.

2Quelles sont les règles ?

Le couvre-feu "s'appliquera de 21 heures à 6 heures sur l'ensemble du territoire des départements concernés et, normalement, pour une durée de six semaines", a déclaré jeudi le Premier ministre. Il a précisé que les règles "ser[aie]nt les mêmes que pour les métropoles déjà placées en couvre-feu depuis samedi dernier", soit l'Ile-de-France, Lille, Lyon, Marseille, Rouen, Grenoble, Saint-Etienne, Montpellier et Toulouse.

Il reste possible de se déplacer dans certains cas : pour des raisons de santé, pour des déplacements professionnels, pour se déplacer par le train ou en avion après 21 heures, pour aller voir un proche dépendant et pour promener un animal de compagnie. Il faut dans ces cas prévoir une attestation dérogatoire téléchargée en ligne, ou rédigée sur papier libre. En cas du non-respect du couvre-feu, les habitants de ces départements pourraient recevoir une amende de 135 euros, voire de 1 500 euros s'ils récidivent.

3Pourquoi la Guyane n'apparaît-elle pas dans la liste ?

La Guyane n'est pas dans la liste révélée jeudi par le gouvernement, mais elle est pourtant toujours concernée par le couvre-feu. "Le couvre-feu à été mis en place entre 21 heures et 6 heures au début, puis il a été resserré de 17 heures jusqu'à 5 heures du matin, et, le week-end, il commençait à 13 heures le vendredi et finissait à 5 heures le lundi", rappelle l'Agence régionale de santé (ARS) de Guyane, jointe par franceinfo. Désormais allégé, il est en vigueur entre minuit et 5 heures, du lundi au dimanche. Le gouvernement a d'ailleurs souvent mis en avant l'efficacité du couvre-feu imposé en Guyane en juin et juillet, en s'appuyant sur une étude de l'institut Pasteur.

Tous les indicateurs sont pourtant actuellement au vert dans le département. "On comptabilise 10 à 20 cas par jour, contre 300 cas par jour pendant le pic, se félicite l'ARS, s'appuyant sur le dernier bulletin du 15 octobre. Le taux d'incidence hebdomadaire s'élève à 42 cas pour 100 000 habitants." Mais il s'agit de prévenir une deuxième vague épidémique, explique Guyane La 1ère. Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas remis la Guyane dans la liste des départements concernés par le couvre-feu lors de la conférence de presse ? Contactée par franceinfo vendredi, la direction générale de la santé explique qu'il s'agit d'un oubli : "C'est tout bêtement un problème graphique. On va faire la correction rapidement."

4Pourquoi la Polynésie est-elle traitée à part ?

Avec un taux d'incidence total de 493, un taux d'incidence de 404 chez les plus de 60 ans et un taux d'occupation des lits de 83%, la Polynésie française est particulièrement touchée en ce moment par l'épidémie, selon le dernier bulletin épidémiologique. Au 21 octobre, 1 606 cas actifs étaient recensés sur le territoire.

    (DIRECTION DE LA SANTE)

Mais si le gouvernement a cité la Polynésie à part, en plus des 38 nouveaux départements concernés, c'est uniquement en raison de son statut administratif. La Polynésie n'est pas un département, mais une collectivité d'outre-mer, un territoire doté de l'autonomie interne dans le cadre de la République.

5Pourquoi l'Aude et les Alpes-de-Haute-Provence semblent-elles être des enclaves ?

L'Aude et les Alpes-de-Haute-Provence ne sont pas concernées par le couvre-feu alors même que tous les départements limitrophes de ces deux territoires sont en rouge dans le sud de la France. "Ces deux départements ne sont pas pour l'instant dans une dynamique inquiétante", explique la direction générale de la santé. Si les deux départements dépassent le seuil de 30% pour les places en réanimation, les Alpes-de-Haute-Provence affichent un taux d'incidence de 143 (149 pour les plus de 60 ans), loin du seuil fixé à 250. L'Aude, pour sa part, a un taux d'incidence de 156.

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