Vaccin contre le Covid-19 : "20 000 vaccinations en l'espace d'une semaine c'est minable", critique Hervé Morin, président de la région Normandie

Les régions proposent au gouvernement de se doter elles-mêmes des vaccins.  "L'idée est de donner un coup de main, d'accélérer, parce que derrière ça, il y a un enjeu de santé, mais aussi un enjeu sociétal et économique", plaide Hervé Morin.

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Hervé Morin, président de la région Normandie, le 23 juin 2020. (NICOLAS PARENT / MAXPPP)

Jean Castex tient jeudi 7 janvier à 18 heures une conférence de presse à propos de la vaccination contre le Covid-19 en France. Une vaccination qui suscite polémiques et inquiétudes puisque d’autres pays vont plus vite pour administrer les doses à leurs habitants. Alors pour accélérer la campagne, les présidents de région font une proposition au gouvernement : acheter par eux-mêmes des doses de vaccins parce que "20 000 vaccinations en l'espace d'une semaine c'est minable", estime Hervé Morin, le président de la région Normandie sur franceinfo.

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franceinfo : Pourquoi faire cette proposition Hervé Morin ?

Hervé Morin : Nous disons au gouvernement, une chose simple quand on regarde les projections de vaccinations, on va être encore à 10 ou 15 millions au maximum en septembre.

"Les collectivités locales, c'est une armée de l'ombre considérable capable de mettre en place un plan de vaccination massif rapidement et si Jean Castex est bien inspiré, il devrait associer les collectivités locales au plan de vaccinations."

Hervé Morin, président de la région Normandie

à franceinfo

Nous avons les locaux, nous avons les capacités de transport pour acheminer les personnes âgées. Nous avons un contact quotidien avec l'ensemble du réseau associatif. Nous savons dans nos communes quels sont les retraités qui pourraient donner un coup de main. 20 000 vaccinations en France en l'espace d'une semaine alors qu'on a déjà un million de doses qui sont arrivées, c'est minable.

Est-ce que légalement vous avez le droit d'acheter en tant que région des doses de vaccins ?

Bien sûr. La loi, en aucun cas, ne s'oppose à ce que nous achetions des vaccins. Dès lors, bien sûr qu'ensuite, ce vaccin est autorisé à être mis sur le marché et que nous respectons le protocole sanitaire que l'État a fixé. L'année dernière, l'État avait interdit expressément l'achat de masques. Ils ont fini par nous libérer, nous permettant de le faire. Je ne vois pas en quoi, ce serait différent quand il s'agit d'un acte que nous faisons depuis des décennies dans notre pays et dès lors qu'on le fait faire par des professionnels de santé, je ne vois pas où est le problème.

Est-ce que vous avez déjà commencé à solliciter des laboratoires ?

Oui, bien sûr. On va avoir toute une série de nouveaux vaccins qui vont arriver sur le marché et donc, on est à peu près dans la même situation que ce que nous avons connu l'année dernière sur les masques. Aujourd'hui, une tension considérable avec deux laboratoires qui sont capables aujourd'hui d'en fournir. Mais on voit bien que quand va arriver, disons, le mois de mars, le mois d'avril, toute une série de vaccins qui sont en phase 3 seront disponibles. Et donc, on aura, je l'espère, la capacité d'introduire des commandes supplémentaires qui permettront notamment de vacciner ceux qui, pour l'instant, sont complètement à l'écart des plans de vaccination. Je pense notamment aux populations actives, c'est-à-dire les 40-60 ans. L'idée, c'est de donner un coup de main, d'accélérer, parce que derrière ça, il y a un enjeu de santé, mais aussi un enjeu sociétal, c’est de revivre et un enjeu économique, c'est permettre au pays de repartir.

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