Infographies Vaccination contre le Covid-19 : la France est (pour l'instant) très en retard sur ses voisins européens

Le gouvernement affirme que ce retard au démarrage est assumé. Mais des scientifiques critiquent "une très importante erreur stratégique".

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Un homme reçoit le vaccin Pfizer/BioNTech contre le Covid-19, dans un hôpital de Patras (Grèce), le 29 décembre 2020.  (MENELAOS MICHALATOS / SOOC / AFP)

Près de dix jours après le feu vert de l'Agence européenne du médicament (EMA) pour la mise sur le marché du vaccin développé par Pfizer et BioNTech, les pays de l'UE ont démarré leur campagne de vaccination contre le Covid-19. Or, d'après les premiers chiffres rendus publics, la France semble être particulièrement en retard sur ses voisins. Alors que la campagne de vaccination a été lancée dimanche 27 décembre, seules 138 personnes ont été vaccinées dans l'Hexagone à ce jour, selon des chiffres communiqués par le ministère de la Santé mercredi 30 décembre au matin. C'est beaucoup moins que l'Allemagne, qui compte déjà près de 80 000 vaccinés, pour une campagne débutée officiellement le même jour que la France.

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Les données compilées par le site Our World in Data, géré par un collectif de chercheurs de l'université d'Oxford, montrent que la France arrive en dernière position des pays européens qui ont publié leurs données. L'Italie compte plus de 8 000 vaccinés, l'Autriche 6 000 et le Portugal plus de 16 000. Au Royaume-Uni, où la campagne de vaccination a commencé dès le 8 décembre, le dernier décompte publié par les autorités, le 24 décembre, fait état de 800 000 personnes déjà vaccinées.

Interrogé mardi 29 décembre sur France 2 à propos du retard important pris par la France, notamment par rapport à l'Allemagne, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a pleinement assumé une différence de stratégie. "Nous avons, par rapport à nos voisins allemands, le même nombre de doses, nous avons les mêmes objectifs et nous aurons les mêmes résultats. (…) Cet écart dans le démarrage, il est assumé. Ce qui compte, c'est que fin janvier, nous aurons rattrapé ce décalage. Et ce qui compte, c'est que nous protégions tout le monde", a expliqué le ministre.

"Est-ce qu'il ne serait pas temps d'accélérer ?"

Mais cette stratégie ne semble pas faire l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Le généticien Axel Kahn a par exemple jugé sur Europe 1 que le gouvernement faisait "une très importante erreur stratégique". Le chercheur s'inquiète notamment de l'effet de la lenteur du démarrage sur les Français les plus sceptiques face à la vaccination. "Ça n'est pas en avançant à tout petits pas qu'on arrivera à les convaincre, au contraire. On va les convaincre qu'en effet, si on va si lentement, c'est qu'on n'est pas sûr de soi et qu'il y a un danger", s'inquiète Axel Kahn.

De son côté, l'épidémiologiste Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, a également plaidé sur franceinfo pour une accélération. "Je comprends qu'il y a tout un tas de préventions, en particulier dans les Ehpad, mais est-ce qu'il ne serait pas temps d'accélérer ? Comme le font d'autres pays, comme le fait Israël, comme le fait le Royaume-Uni, comme le font les Américains, comme le font les Allemands maintenant", interroge le praticien.

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