Covid-19 : "Il faut tout faire pour éviter" une guerre des vaccins, déclare une eurodéputée LREM

"Nous avons des leçons à tirer de cette crise et des exemples à prendre sur les États-Unis", estime Véronique Trillet-Lenoir.

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Radio France
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L'eurodéputée LREM Véronique Trillet-Lenoir, le 24 octobre 2015. (JEGAT MAXIME / MAXPPP)

"Il faut tout faire pour éviter" une guerre des vaccins, appelle jeudi 25 mars sur franceinfo l'eurodéputée LREM Véronique Trillet-Lenoir. Elle espère qu'une "coalition d'États" va se former lors d'un sommet de l'Union européenne largement consacré à la stratégie vaccinale. Pour elle, "il faudra bloquer les exportations" quand "un produit fabriqué en Union européenne et prévu par contrat pour être délivré en Union européenne ne s'y rend pas".

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franceinfo : Se dirige-t-on vers une guerre des vaccins ?

Véronique Trillet-Lenoir : Il faut tout faire pour l'éviter. Le Premier ministre britannique Boris Johnson est assez déstabilisé par la menace européenne. Il voit bien le danger pour son pays, qui attend la deuxième dose pour beaucoup d'Anglais qui ont reçu la première. On est dans une pandémie mondiale. Aucun pays ne s'en sortira seul. Le Royaume-Uni est en train de réaliser qu'il aura besoin d'un accord difficile et douloureux avec l'Union européenne. Il y a quelques cavaliers seuls, comme la Hongrie ou la Pologne qui, de toute façon, bousculent très régulièrement les lois de l'Union. Il y a globalement une cohésion autour des achats groupés sans laquelle aucun pays européen, même les plus gros, n'auraient pu accéder à la vaccination.

De quels leviers d'action dispose l'Union européenne pour faire pression sur un laboratoire privé comme AstraZeneca ?

La voie juridique n'est probablement pas la meilleure, mais on a affaire à un laboratoire qui ne tient pas ses engagements vis-à-vis de l'Union européenne. Une coalition d'États va se former au cours du sommet européen pour défendre le principe de la réciprocité, de la proportionnalité, et d'une la menace éventuelle d'une restriction des exportations. Si on se rend compte qu'un produit fabriqué en Union européenne et prévu par contrat pour être délivré en Union européenne ne s'y rend pas, il faudra bloquer les exportations et dénoncer.

Emmanuel Macron a-t-il raison de dire que l'Union européenne a manqué d'ambition sur les vaccins, contrairement aux Américains ?

Il a raison. Comme le dit le président de la République, nous avons été un peu un diesel. Et bien, passons au turbo. Passons à une dynamique où nous sommes capables d'anticiper, de mieux repérer les innovations, de prendre des risques financiers et judiciaires pour les accompagner, pour améliorer les capacités de production sur le sol européen. Oui, nous avons des leçons à tirer de cette crise et des exemples à prendre sur les États-Unis. Mais nous sommes en train de rattraper le retard.

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