Reprise de l'économie après le confinement : "Ça se passe un peu moins mal que prévu", admet le Medef

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, attend malgré tout "des mesures de relance" et la prolongation du chômage partiel jusqu'à la rentrée.

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, dans les studios de franceinfo, le 5 septembre 2019.
Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, dans les studios de franceinfo, le 5 septembre 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Ça se passe un peu moins mal que prévu" a déclaré mercredi 24 juin sur franceinfo Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, à propos de la reprise de l'économie après le confinement. Il a indiqué qu'il attendait "des mesures de relance", car "ça reste une crise très importante et certains secteurs souffrent énormément". Pour le président du Medef, le dispositif de chômage partiel doit être "prolongé" ou du moins ne "pas être modifié avant la rentrée" pour soutenir cette reprise économique.

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franceinfo : Faut-il accélérer la reprise de l'activité ?

Geoffroy Roux de Bézieux : Il faut accélérer l'économie, avec un bémol : parfois il n'y a pas de clients ou pas assez. J'avais dit il y a six semaines que ça redémarrait un peu plus vite que ce qu'on pouvait craindre. Et effectivement, les premiers chiffres tombent et ça se passe un peu moins mal que prévu, mais ça reste une crise très importante et certains secteurs souffrent énormément. On peut parler de l'aérien qui est à 50% de sa capacité. On ne peut pas forcer les gens à acheter ou à consommer donc, il faut aussi que les mesures de relance arrivent.

La grande question du jour lors de votre réunion à l'Élysée, ce sera celle du chômage partiel mis en place pendant la crise. Ce dispositif doit-il continuer quoi qu'il en coûte ?

La meilleure lutte contre le chômage, c'est l'activité, donc il faut le plus vite possible repartir. Il y aura des entreprises qui vont souffrir, certaines vont devoir faire des plans de licenciements ou même tout simplement faire faillite. Si on peut préserver l'emploi et les compétences, si quelqu'un peut rester plusieurs mois dans l'entreprise en travaillant partiellement et en étant compensé financièrement, c'est la bonne solution. Cet après-midi, on poussera deux dispositifs : un dispositif de longue durée plutôt pour l'industrie quand on peut prévoir six mois à l'avance la chute d'activité ; et puis un dispositif individuel plutôt pour le reste de l'économie qui est celui qui existe. On veut qu'il soit prolongé et pas modifié avant la rentrée.

Le nouveau protocole sanitaire en entreprise prévoit la mise en place d'un référent Covid dans chaque entreprise. Qu'en pensez-vous ?

Je trouve ça un peu bizarre ce référent Covid. Je ne voudrais pas trop jeter de fleurs aux entreprises, elles ont fait énormément d'efforts à la fois pour reprendre le travail, pour assurer la sécurité de leurs salariés, leur santé. Là, on nous colle une nouvelle obligation, un référent de plus. Il y a déjà un référent contre le harcèlement, un pour l'emploi des séniors. Dans une boîte de 10 personnes, c'est le patron qui, en général, voit ses salariés tous les jours, qui fait office de référent.

Je trouve ça un peu bureaucratique.Il y a un CSE dans la plupart des entreprises, c'est lui qui doit servir de référent, mais c'est une réflexion collective. Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medefà franceinfo

Je souhaite simplement qu'on ait un protocole clair, qu'on puisse revenir en arrière pour la santé des salariés et qu'on fasse preuve de bon sens.