Rentrée scolaire : quelles sont les nouveautés du protocole sanitaire contre le Covid-19 pour les écoles, collèges et lycées ?

Les mesures dépendront désormais de la situation épidémique, qui pourra être évaluée localement.

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Une classe d'une école élémentaire à Elne (Pyrénées-Orientales), le 26 avril 2021, alors que le port du masque était imposé aux élèves. (JC MILHET / HANS LUCAS / AFP)

A un mois de l'échéance, enseignants et parents s'inquiètent peut-être déjà de la façon dont se déroulera la rentrée, dans un contexte sanitaire incertain. Le ministère de l'Education nationale en a donné une première idée en dévoilant le protocole sanitaire adressé aux établissements, mercredi 28 juillet. Il prévoit notamment que les élèves vaccinés contre le Covid-19 puissent continuer de venir en classe si un de leurs camarades est testé positif, contrairement à leurs camarades non-vaccinés, comme l'a confirmé Jean-Michel Blanquer sur franceinfo.

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La plupart des autres mesures dépendront de la situation épidémique, évaluée au niveau local. Une échelle de quatre niveaux de restrictions est créée, selon laquelle évolueront une grande partie des restrictions. Le protocole, mis en ligne en intégralité sur le site du ministère de l'Education nationale, reprend de nombreuses mesures existantes, comme la désinfection et l'aération des locaux, le respect des gestes barrières, la limitation du brassage, notamment à la cantine. Franceinfo résume ce qui change par rapport à l'année scolaire précédente.

Au collège et au lycée, une distinction entre les cas contacts vaccinés et non-vaccinés

C'est l'annonce la plus notable de ce nouveau protocole. Alors que la vaccination a été ouverte le 15 juin à tous les mineurs de plus de 12 ans, leur statut vaccinal sera désormais pris en compte dans le protocole. Au collège et au lycée, si un élève est testé positif, les élèves ayant été en contact avec lui pourront continuer de venir en classe s'ils sont vaccinés. En revanche, les élèves non vaccinés seront "évincés" selon le terme employé par le ministre et devront rester chez eux pendant sept jours, "en enseignement à distance", a précisé Jean-Michel Blanquer.

A l'école élémentaire, où les enfants n'ont de toute façon pas l'âge de recevoir le vaccin, la classe sera fermée pendant 7 jours après chaque dépistage positif.

Au 25 juillet, 24% des 12-17 ans avaient reçu au moins une dose d'un vaccin contre le Covid-19 (et devraient donc être totalement vaccinés d'ici à la rentrée). Le protocole mis en ligne ne précise pas la marche à suivre si c'est un enseignant qui est testé positif, ni si son statut vaccinal sera pris en compte. Les obliger à se vacciner ne sera envisagé qu'en "dernier recours", "s'il y avait un pourcentage trop faible de professeurs vaccinés", a précisé Jean-Michel Blanquer mercredi.

Le ministre a également exclu d'exiger le pass sanitaire pour les élèves, assurant privilégier "l'incitation" à la vaccination. Il affirme qu'un centre de vaccination sera installé dans ou aux abords de chaque collège et lycée. Son extension à de nouveaux lieux, dont les transports longue distance et les restaurants, doit s'appliquer aux 12-17 ans à partir du 30 septembre.

Une échelle de couleurs selon la gravité des indicateurs de la pandémie

Le protocole introduit une nouvelle "doctrine d'accueil" et la gradation des mesures en vigueur liée à quatre niveaux (vert, jaune, orange, rouge). À chaque niveau correspondent des mesures plus ou moins strictes. C'est le ministère de l'Education nationale qui décidera du passage d'un niveau à un autre, "sur la base notamment des indicateurs fournis par Santé publique France". Le site du ministère ne détaille pas les critères précis pris en compte, ni les seuils de chaque niveau. Le niveau de restrictions pourra varier au niveau territorial, à l'échelle d'une région, d'un département ou d'une académie.

Si la règle sur les fermetures de classes n'évoluera pas, l'essentiel des autres restrictions devrait varier en fonction du niveau de restrictions en vigueur. Quel sera-t-il à la rentrée ? On l'ignore, puisqu'il dépendra de la situation épidémique à cette date. "C'est probablement le scénario 2 ou 3 [jaune ou orange] que nous serons amenés à appliquer au moment de la rentrée", a cependant estimé Jean-Michel Blanquer sur franceinfo.

A l'école élémentaire, le port du masque plus forcément obligatoire en intérieur

Avant les vacances, le port du masque était la règle pour les élèves, en intérieur, dès l'école élémentaire. Selon le nouveau protocole, ce sera toujours le cas au collège et au lycée, mais pas à l'école élémentaire dans les territoires placés au niveau vert. Il sera rétabli à partir du niveau jaune. "Je crains que ce ne soit pas le scénario qui s'appliquera à la rentrée" compte tenu de la situation de la pandémie, a prévenu Jean-Michel Blanquer.

En extérieur, ce sont les règles applicables dans tous les espaces publics du territoire concerné qui s'appliqueront : s'il est obligatoire dans la rue, il le sera dans la cour de récréation. À partir du niveau orange, le masque sera obligatoire partout dans l'établissement.

Les enseignants et autres membres du personnel des établissements devront, eux, porter le masque en intérieur en toutes circonstances.

La jauge de 50% réservée au pire scénario

Le protocole prévoit toujours des situations où les élèves alterneront entre cours en présentiel et à distance. Au niveau rouge de restrictions, l'hybridation (selon le terme employé par l'Education nationale) deviendra la règle à partir de la 4e. Les classes ne pourront pas accueillir plus de 50% des effectifs habituels. Au niveau orange, cette mesure ne sera possible qu'au lycée et seulement si "la configuration de l'établissement le nécessite" pour faire respecter les autres mesures sanitaires.

Les capteurs de CO2 recommandés

Pour la première fois, l'Education nationale recommande dans ce protocole "d'équiper les écoles et établissements scolaires de capteurs mobiles" de CO2. Ces outils, qui indiquent la concentration en dioxyde de carbone dans l'air, permettent d'évaluer à quel point l'air d'une pièce se renouvelle, et donc si son aération est suffisante pour réduire le risque de contaminations au Covid-19 par aérosols. Le texte ne précise pas pour autant si des financements seront alloués aux collectivités locales pour fournir ces équipements aux établissements scolaires.

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