Covid-19 : "Si l'hôpital tient, c'est au prix de déprogrammations", alerte le président de la Fédération hospitalière de France

Invité sur franceinfo, Frédéric Valletoux a voulu mettre en lumière la souffrance du personnel hospitalier, épuisé après "quatre vagues" de coronavirus, et appeler à la solidarité de toute la profession médicale.

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Radio France
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Les soignants, épuisés par la crise sanitaire, font face au variant Omicron au prix de déprogrammations d'opérations ou d'examens. (JOEL PHILIPPON / MAXPPP)

"Si l'hôpital tient, c'est au prix de déprogrammations", a alerté lundi 27 décembre sur franceinfo Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France et maire Agir de Fontainebleau, alors que le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures pour tenter d'enrayer la progression des contaminations au Covid-19.

"L'hôpital fera face comme il a fait face lors des quatre précédentes vagues", assure Frédéric Valletoux. Si la poussée du variant Omicron va "intensifier cette cinquième vague, l'hôpital fera face". Mais le président de la Fédération hospitalière de France s'interroge : "Jusqu'où vont pouvoir tenir les personnels hospitaliers ?" Et il souligne que "si l'hôpital tient, c'est au prix de déprogrammations nombreuses qui vont s'intensifier ces prochains jours, ces prochaines semaines, qui ont déjà commencé dans de nombreux établissements".

Les soignants doivent dire aux personnes en attente d'interventions, de consultations ou d'examens, "qu'ils ne pourront pas être pris en charge et qu'ils vont devoir revenir dans quelques semaines". Pour Frédéric Valletoux, c'est "inévitablement, pour certaines de ces personnes, des risques de perte de chances réelles que l'on mesure mal, mais qui néanmoins vont peser et qui sont dans le quotidien de beaucoup de Français".

Que "chacun remette la blouse"

Aujourd'hui, "les médecins ont un problème de places", insiste le président de la Fédération hospitalière de France. "Cette crise qui s'installe dans le temps épuise les personnels, installe la fatigue". Il pointe le fait qu'il y a "aujourd'hui moins de soignants à l'hôpital qu'on en avait il y a deux ans, avant la crise". Et il regrette également qu'il y ait "moins de solidarité de la part de l'ensemble des acteurs de santé vis-à-vis des hospitaliers". Si "chacun est à sa place et à son travail", Frédéric Valletoux estime que, lors de la première vague, "les hospitaliers ont pu tenir parce qu'ils ont bénéficié de renforts importants dans les services".

Le maire de Fontainebleau plaide pour que le gouvernement en appelle à la "solidarité de l'ensemble des professionnels de santé" et aux "jeunes retraités" afin que "chacun remette la blouse". Il demande que "ceux qui sont par exemple dans le dans le secteur privé, dans les cliniques, fassent ce qu'ils ont fait lors de la première vague" en venant "en appui de leurs confrères hospitaliers pour permettre qu'il y ait une vraie solidarité pour tenir face aux semaines qui viennent et qui sont des semaines à haut risque pour l'hôpital".

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