Covid-19 : ce qu'il faut retenir des modélisations de l'Institut Pasteur sur la pandémie cet automne

Dans son étude publiée lundi, l'Institut insiste sur l'importante pression, prévisible, des adultes non vaccinés sur l'hôpital. Et il met en garde contre un allègement des mesures de protection, à commencer par les gestes barrières, face au variant Delta.

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France Télévisions
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Un malade du Covid est transféré à l'hôpital de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 3 septembre 2021. (CARLA BERNHARDT / AFP)

Après la quatrième vague, attention à la cinquième... Dans ses dernières modélisations de l'évolution de la pandémie de Covid-19, publiées lundi 6 septembre, l'Institut Pasteur met en garde contre l'allègement des mesures sanitaires (gestes barrières, pass sanitaire) alors que le variant Delta est jugé particulièrement contagieux.

Même si elle reste efficace contre les formes graves de la maladie, la vaccination seule ne suffira pas à contenir une nouvelle vague épidémique, prévient l'Institut de recherche scientifique. Voici les principaux enseignements de cette étude, qui n'a pas encore été relue par des pairs.

Les non-vaccinés contribuent fortement à la pression hospitalière

Premier enseignement : "Les adultes non vaccinés contribuent de façon importante à la pression sur l’hôpital", puisque le risque est plus important d'être hospitalisé dans ce cas-là. "Dans notre scénario de référence [le scénario basé sur les hypothèses qu'ils jugent les plus plausibles], les personnes non vaccinées de plus de 60 ans représentent 3% de la population, mais 43% des hospitalisations", détaillent les chercheurs. Ils considèrent donc qu'il est essentiel "que la couverture vaccinale chez les plus fragiles soit aussi haute que possible".

La vaccination ne suffira pas, à elle seule, à contenir la pandémie

Parallèlement, la vaccination seule ne peut pas contenir l'épidémie si les autres mesures sanitaires sont abandonnées. Désormais largement dominant, le variant Delta "pourrait être 50% plus transmissible que le variant Alpha", qui était lui-même plus contagieux que la souche initiale du virus, observent les modélisateurs.

"L'arrêt de toutes mesures de contrôle" pourrait, selon eux, "conduire à un stress important sur le système de santé". Et donc à un pic important d'hospitalisations, même dans l'hypothèse retenue d'une couverture vaccinale élevée (de 70% chez les adolescents de 12 à 17 ans, de 80% chez les adultes de 18 à 59 ans et de 90% chez les plus de 60 ans).

"Dans ce cas, notre modèle anticipe une vague caractérisée par un pic de 5 200 hospitalisations par jour, plus important que les pics observés en France pendant les deux vagues de 2020."

L'Institut Pasteur

dans ses modélisations publiées le 6 septembre 2021

"Cet impact important peut surprendre, mais lors de la première vague, on estime que 5% des Français ont été infectés et cela a suffi à déborder le système de santé", affirme Simon Cauchemez, modélisateur et membre du Conseil scientifique, auprès du Monde (article payant). "Même avec une couverture de 90% chez les plus âgés, cela signifie qu'il reste encore 10% de personnes vulnérables, soit trois fois plus que la population infectée lors de la première vague."

Aussi les chercheurs jugent-ils important que les efforts actuels pour limiter la transmission soient maintenus, notamment "en appliquant les gestes barrières, le port du masque, un certain degré de distanciation physique, le tester-tracer-isoler et le pass sanitaire".

Les personnes vaccinées sont moins bien protégées qu'avant

"Avec le variant Delta, les personnes vaccinées sont moins bien protégées contre l’infection, même si la protection reste très élevée contre les formes graves", poursuit l'Institut Pasteur. Le médecin et journaliste de France Télévisions Damien Mascret résume ainsi leurs chiffres sur France 3, lundi 6 septembre : "Il y a une baisse d'efficacité des vaccins contre les infections : on sait qu'on était à 80% [avant le variant Delta], on est plutôt autour de 60% de protection. Il y a aussi une baisse d’efficacité contre les formes graves, les hospitalisations."

Dans le scénario qu'ils privilégient, les chercheurs s’attendent cet automne "à ce qu'à peu près la moitié des infections aient lieu chez des personnes vaccinées [alors que ce groupe représente plus de 70% de la population]". Ils réitèrent donc leur message sur l'importance du respect des gestes barrières et du port du masque. 

Un tiers des infections devrait toucher les enfants et les ados

Enfin, les auteurs de l'étude s'attendent à ce "qu'un tiers des infections ait lieu chez les enfants et les adolescents". Une proportion revue à la baisse puisqu'ils évoquaient une infection sur deux en juin. En cause : la part relative plus importante des infections chez les adultes du fait de la baisse de l'efficacité vaccinale contre le variant Delta, et "la proportion plus élevée d’adolescents qui se sont vaccinés comparativement aux hypothèses de la simulation de juin". La moitié des 12-17 ans sont totalement vaccinés et 64% d'entre eux ont reçu au moins une injection, selon les chiffres de Santé Publique France

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