Parler fort au candidat sans lui crier dessus, conduire sans ventilation et sans sourire... La reprise "un peu particulière" des examens du permis B

Malgré le manque de visibilité et l'humidité à l'intérieur des véhicules, les candidats se pressent dans le Val-de-Marne en ce début juin. Dans ce département, 6 000 examens de conduite avaient dû être annulés à cause du coronavirus.

Avec le permis \"version coronavirus\", le candidat doit porter un masque et être assis sur une housse (comme celle que le garagiste place après réparation).
Avec le permis "version coronavirus", le candidat doit porter un masque et être assis sur une housse (comme celle que le garagiste place après réparation). (JEAN FRAN?OIS OTTONELLO / MAXPPP)

Alors que les examens des permis motos et poids-lourds sont autorisés depuis le 25 mai, les examens du permis B (voiture) n'ont repris que lundi 8 juin dans des conditions sanitaires très strictes. Dans ce permis "version coronavirus", le candidat doit porter un masque et il est assis sur une housse (comme celle que le garagiste place après réparation). Les mesures sont les mêmes pour l’inspecteur qui doit également porter une visière. La voiture doit être désinfectée entre chaque examen, qui se déroule sans la climatisation, ni la ventilation. 

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Pour reprendre le travail, Ludovic Boucley, inspecteur à Créteil (Val-de-Marne), a dû changer certaines de ses habitudes comme celle qu'il avait de serrer la main à tous les candidats. "Je faisais ça pour dédramatiser un peu le rôle de l'inspecteur, le premier contact qui est très important, explique l'inspecteur du permis. Aujourd'hui ce n'est plus possible. "Et puis, comme on a un masque et une visière, on est obligés de parler beaucoup plus fort dans la voiture pour que la personne à côté de nous nous entende correctement, ajoute Ludovic Boucley. Il ne faut pas non plus qu'il pense qu'on lui crie dessus. C'est vrai que c'est un contexte un peu particulier."

Même le petit sourire, les candidats ne le voient plus.Ludovic Boucley, inspecteur

Ce contexte, les candidats vont bien devoir s’y habituer. Valentin passe son permis dans deux jours. Arnaud Sam, son moniteur d’auto-école le place donc dans les conditions du réel, c’est-à-dire sans la climatisation et la ventilation. "Je m'en suis rendu compte quand il pleuvait que ça allait être compliqué, se souvient le moniteur. Il y a deux jours, quand il pleuvait vraiment, on a beau ouvrir les fenêtres, c'était impossible de conduire sans ventilation. Sur une voie rapide à 90 km/h, je pense que la visibilité c'est la sécurité donc on est obligé de faire le maximum pour bien voir."

La reprise des examens était très attendue

La chaleur est sans doute ce qui perturbe le plus les candidats mais à part ça Valentin, par exemple, reste plutôt serein malgré les mesures barrières. "Franchement, ça ne va pas me stresser plus que ça. Après, c'est vrai que la chaleur c'est le plus dérangeant, il fait quand même très chaud", souligne le jeune homme. Son moniteur confirme : "Je pense que l'élève, lui, est focalisé sur son permis. À chaque fois que je parle de ça [le coronavirus] avec eux, ce n'est pas le plus urgent." 

Je préfère passer mon permis dans ces conditions parce qu'en septembre je vais en avoir besoin. Il me faut à tout prix le permis.Valentin, élève d'auto-école

Valentin devait initialement passer son permis fin mars, alors avec ou sans climatisation, entouré d’un inspecteur en visière, peu importe, l’essentiel pour lui comme pour tous les candidats, c’est bien de passer le permis, dans ce département où plus de 6 000 examens ont dû être annulés en raison de la crise sanitaire.