"On ne peut pas s’improviser intervenant socio-culturel" : les intermittents du spectacle pas convaincus par la proposition d’Emmanuel Macron

Le chef de l'État a annoncé mercredi la prolongation des droits des intermittents du spectacle mais l’a assortie d’une invitation à intervenir dans les écoles et auprès des jeunes qui ne partiront pas en vacances. Une suggestion qui ne convainc pas les professionnels.

Le Studio 28, à Paris, en 2006.
Le Studio 28, à Paris, en 2006. (OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP)

Si les intermittents du spectacle sont en partie rassurés par l’annonce de la prolongation de leurs droits, alors que leur secteur est fortement touché par la crise sanitaire du coronavirus Covid-19ils s’interrogent sur la demande d’Emmanuel Macron. Le président souhaite qu’ils interviennent en milieu scolaire d’ici fin juin et auprès des jeunes des quartiers défavorisés pendant l’été.

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"C’est une démarche louable de faire bénéficier à des jeunes ou des publics défavorisés de la culture et des concerts, indique le pianiste Sébastien Paindestre mais il y a déjà des acteurs qui sont sur place, des conventions qui sont mises en place avec des villes. On ne peut pas s’improviser tout d’un coup intervenant socio-culturel, c’est un métier à part entière."

Pour le comédien et metteur en scène Sébastien Azzopardi, la suggestion d’Emmanuel Macron n’est pas réaliste. "On a tous envie de faire partager notre art, mais c’est un savoir-faire d’aller parler à des jeunes", plaide-t-il.

Inventer de nouvelles formes et des rencontres avec des petits groupes de spectateurs dans des lycées ou chez nous, je ne sais pas comment on peut l’improviser dans un temps aussi court.Sébastien Azzopardià franceinfo

"Mi-juin, c’est demain, pour nous, poursuit le metteur en scène. L’été aussi. Après, les artistes intermittents, je ne suis pas sûr qu’ils aient envie d’être animateurs. Ce n’est pas leur désir." Parmi les quelque 100 000 intermittents du spectacle, seul un petit nombre pourrait être concerné par ces interventions auprès des jeunes.

La proposition d’Emmanuel Macron de faire intervenir les intermittents du spectacle auprès de jeunes défavorisés fait grincer - Anne Chépeau
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