Masques alternatifs face au coronavirus : "Il faut se méfier du piège que peut représenter un foulard, ou un masque artisanal"

Alors que le discours des autorités françaises évolue sur le port du masque durant l'épidémie de coronavirus, un infectiologue met en garde sur franceinfo quant aux protections alternatives.

Des Parisiens dans le métro durant la pandémie de coronavirus.
Des Parisiens dans le métro durant la pandémie de coronavirus. (YANN CASTANIER / HANS LUCAS)

"L'accès à un masque grand public ou alternatif peut être encouragé" pour faire face au coronavirus, a affirmé vendredi Jérôme Salomon, le directeur de la Santé. "Il faut se méfier du piège que peut représenter une barrière comme un foulard", a réagi samedi sur franceinfo Xavier Lescure, médecin spécialiste en maladies infectieuses à l'hôpital Bichat à Paris. "Cela va dépendre de la densité du tissu et de sa capacité à arrêter de micros gouttelettes de l'ordre que quelques micromètres", explique Xavier Lescure.

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"La majeure partie de la transmission se fait par gouttelettes, des particules relativement grosses", ajoute l'infectiologue. "Il y a des normes de sécurité. Un masque artisanal peut être une fausse barrière et permettre de lever des distanciations sociales et se mettre à nouveau à risque de contagion."

"La part aérienne de la transmission est négligeable"

Sur l'éventualité que le virus se propage également simplement dans l'air, par la parole, comme l'a affirmé l'épidémiologiste américain Anthony Fauci, Xavier Lescure estime qu'il y a "toujours un petit doute là-dessus". "Mes collègues hygiénistes ont pas mal de réserves sur ces études."

L'expérience clinique montre que l'immense majorité des mesures d'hygiène mises en application à l'hôpital sont les mesures gouttelettes, c’est-à-dire les postillons avec de courtes distances, et des mesures contacts.Xavier Lescure, infectiologueà franceinfo

Pour Xavier Lescure, "si on avait dans la part de la transmission une transmission aérienne importante, ou significative, on s'en serait aperçu. Depuis deux mois, on a très peu de cas qui ne sont pas expliqués par des modes de transmission classique de type gouttelettes ou contact". "La part aérienne de la transmission est négligeable", ajoute l'infectiologue.