C'est mon boulot, France info

Des tests systématiques dans les grandes entreprises pour la reprise de l'activité

Le ministère du Travail envisage tout à fait la possibilité de la prise de température. Mais à plusieurs conditions. Il faut tout d’abord que les mesures soient anonymes.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Un thermomètre électronique qui sert à prendre la température pour déterminer si des personnes peuvent être atteintes par le Covid-19. 
Un thermomètre électronique qui sert à prendre la température pour déterminer si des personnes peuvent être atteintes par le Covid-19.  (JEAN-FRANÇOIS FERNANDEZ / FRANCE-BLEU BESANÇON)

Les entreprises s’organisent pour reprendre le travail. Certaines, comme Véolia et Engie, proposent à leurs salariés des tests et des prises de température. Mais est-ce bien légal ? Branle-bas de combat chez Véolia. Pour ses 50 000 salariés français, le géant de l’eau et du traitement des déchets prévoit un plan extrêmement détaillé. Un plan à 15 millions d’euros. Parmi les mesures les plus spectaculaires, les deux tests  "proposés" à l’ensemble des collaborateurs. Un test PCR, qui permet de dire si une personne est infectée au moment où on le réalise, et un test sérologique, qui cherche les anticorps produit quand l’organisme a été en contact avec le virus. En plus de ces deux tests, depuis ce matin, tous les salariés qui se rendent sur les sites de Véolia voient leur température contrôlée. Même chose chez Engie. La température corporelle des salariés qui se rendront dans la grande tour de la Défense sera vérifiée. C’est du reste également le cas pour entrer à Maison de la Radio depuis plusieurs semaines.

Légal à certaines conditions

Prenons tout d’abord la prise de température. Le ministère du Travail envisage tout à fait cette possibilité. Mais à plusieurs conditions. Il faut tout d’abord que les mesures soient anonymes. Et que les données ne soient pas conservées par l’employeur. Il faut en outre que la mesure fasse l’objet d’une note de service qui a été ajoutée au règlement intérieur et informer les salariés. À ces conditions, soumettre l’accès à un site à une température inférieure à un certain seuil, 38°C degrés par exemple, est tout à fait envisageable. En revanche, selon la commission informatique et liberté, la CNIL, ce qui n’est pas possible, c’est de demander à chaque salarié de contrôler sa température chez soi et de transmettre cette information à son employeur, comme préalable à la venue sur le lieu de travail.
 
La question des tests a été évoquée dans une ordonnance récente. La médecine du travail est autorisée à les pratiquer. Si donc des tests doivent être proposés aux salariés, c’est le service de santé au travail qui doit les proposer. Et c’est le salarié et lui seul qui sera informé des résultats. Secret médical oblige.

Certaines entreprises imposent le port du masque

C’est le cas d’Engie. Masque obligatoire pour pénétrer dans la Tour 1 de La Défense. Idem sur tous les autres sites du groupe. Le code du travail précise que l’employeur peut imposer le port d’équipements de sécurité, quand ils sont adaptés à la nature des tâches à accomplir. La proportionnalité entre le but recherché, en l’occurence protéger la santé des salariés et stopper l’épidémie, et la mesure prise, ici le port du masque, ne fait guère de doute. Imposer le masque ne devrait pas poser de problème.
 

Un thermomètre électronique qui sert à prendre la température pour déterminer si des personnes peuvent être atteintes par le Covid-19. 
Un thermomètre électronique qui sert à prendre la température pour déterminer si des personnes peuvent être atteintes par le Covid-19.  (JEAN-FRANÇOIS FERNANDEZ / FRANCE-BLEU BESANÇON)