Que se passe-t-il si un cas de Covid-19 est détecté dans l'école de mon enfant ?

Un camarade de classe de votre enfant tousse, éternue et est testé positif ? Franceinfo vous explique le protocole qui sera mis en place.

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Dans le collège de Capendu (Aude), le 18 mai, à la sortie du confinement.  (IDRISS BIGOU-GILLES / HANS LUCAS)

La cloche de la rentrée vient à peine de sonner qu’on s’attend déjà à refermer les grilles de certaines écoles : 21 départements sont placés en vigilance rouge au Covid-19 lundi 31 août, veille de la reprise des cours pour les élèves. A La Réunion, où la rentrée des classes a eu lieu il y a deux semaines, chaque jour apporte son lot de fermetures de groupes scolaires. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, n’en démord toutefois pas : les écoles doivent continuer à accueillir le plus d’élèves possible. Parents et enfants vont donc devoir apprendre à vivre avec le Covid-19 dans les cours de récréation. Et compter sur le protocole sanitaire pour contenir l'épidémie au plus vite si des cas positifs d’élèves ou de membres du personnel sont recensés dans un établissement. Franceinfo vous détaille ce que prévoient les autorités en pareil cas. 

Poser un diagnostic au plus vite

A la moindre toux ou fièvre, une course contre la montre s’engage. "Notre objectif est d'être capables de réagir dans les 48 heures à chaque fois que des symptômes sont signalés", a affirmé le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, lors de la conférence de presse du 26 août. Pas question pour les autorités sanitaires de se laisser dépasser : les consignes sont claires. Premièrement, le gouvernement appelle les parents à être particulièrement vigilants et à surveiller la moindre apparition de symptômes, à garder les enfants à la maison au moindre doute et à s’en remettre aux conseils du médecin traitant. Si les symptômes surviennent à l’école, l’élève sera immédiatement isolé sous la surveillance d’un adulte en attendant que quelqu'un vienne le chercher. A partir de 6 ans, s'il présente des symptômes, il devra porter un masque. L’enfant ne pourra pas revenir en classe avant le diagnostic et, en l’absence d’informations, devra rester chez lui quatorze jours.

Rechercher et isoler les cas contacts

Si le test se révèle positif, l’établissement doit veiller à ce que tous les locaux occupés par le malade au cours des dernières 48 heures soient minutieusement désinfectés. Le directeur d’établissement prévient les autorités académiques (IA-Dasen) et l’ARS et établit une première liste de contacts à risques qui sont isolés. Commence alors l’enquête épidémiologique : l’ARS, avec le médecin scolaire, établit la liste des sujets contacts. Un enfant est considéré comme tel s’il a eu un contact à moins d’un mètre du malade, qu’il s’agisse d’une conversation, d’un repas, d’une accolade… 

Il faut noter qu’à l’école, tous les élèves et les enseignants d’une même classe sont considérés comme des cas contacts : votre enfant est tenu de rester en isolement si un de ses camarades de classe est testé positif. Mais ce n’est pas le cas s’ils se sont simplement croisés dans un couloir ou dans la cour. La liste des sujets contacts est transmise à l’Assurance-maladie, qui les appelle, les informe de la conduite à tenir (isolement, tests) et identifie d’éventuels autres sujets contacts en dehors de l’école. "On remonte la chaîne de contamination : tous ceux qui peuvent être concernés sont testés", indique l’Education nationale à Franceinfo. Quoi qu’il en soit, les parents devront être informés par l’école de la présence de cas confirmés de Covid-19 au sein de l’établissement et des mesures adoptées.

Fermer une classe ou un établissement… au cas par cas

Le ministère de l’Education nationale souhaite que les écoles restent au maximum ouvertes. Les décisions seront prises au cas par cas, à partir de la liste de cas contacts établis par l’ARS : "Cela peut être la fermeture d’une classe ou la fermeture d’une école, décision prise au plus près du terrain donc par le préfet en lien avec l’ARS, le recteur et en collaboration avec la collectivité territoriale concernée (mairie, département, région selon les cas)", explique l’Education nationale. Les autorités prendront en compte les conclusions de l’enquête épidémiologique : "Elles considèrent le nombre de cas avérés, de cas contacts, la date de survenue des symptômes, le respect des mesures barrières, etc", détaille l’ARS de la région Grand Est.

Jean-Michel Blanquer avait indiqué compter sur les "capacités d'adaptation" de chaque territoire. En cas de forte circulation du virus dans une zone géographique donnée, comme actuellement en Ile-de-France ou dans les Bouches-du-Rhône, il incitait à la mise en place de mesures plus strictes afin d’éviter des fermetures totales d’école. Par exemple, limiter le brassage des élèves au sein des établissements : une mesure non-coercitive à l’échelle nationale, mais conseillée selon les contextes locaux. Autrement dit, si la classe de l’élève malade est automatiquement placée en isolement, l’établissement ne sera fermé que si l’ARS estime que trop d’élèves sont à risque en raison d'un brassage trop important ou des rencontres trop nombreuses dans des espaces exigus.

Assurer la garde des enfants

Au cas où les enfants sont placés en quatorzaine en raison d'un cas de Covid-19 dans la classe ou l'établissement, la continuité pédagogique se met en place. Les professeurs gardent contact avec leurs élèves par e-mail et par téléphone et doivent assurer l'enseignement à distance, notamment grâce au dispositif Ma classe à la maison du Cned, aux espaces numériques de travail (ENT) et aux outils produits en lien avec France Télévisions dans le cadre de l’opération Nation apprenante (cours Lumni).

Activité partielle ? Congés maladie ? Jours enfant-malade ? A la question, problématique, de la garde d’enfant placé en isolement, aucun dispositif d'aide n’est pour le moment prévu. Les parents ne peuvent plus bénéficier du dispositif de chômage partiel mis en place depuis le 1er mai pour garder leurs enfants lorsque le télétravail n’est pas possible. Il n’est plus envisageable de prétendre à un arrêt maladie dérogatoire qui permettait d’être indemnisé à hauteur de 90 % de son salaire, comme ce fut le cas aux premiers jours du déconfinement. L’Etat réfléchit actuellement à un dispositif qui ne soit pas aussi coûteux que ceux mis en place précédemment, selon le JDD. En attendant, les parents devront poser des RTT ou se débrouiller pour faire garder les bambins en isolement… en évitant, bien sûr, de solliciter les grands-parents, les plus à même de développer une forme grave de Covid-19. 

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