"Laissez-nous travailler !" : l’appel d’un restaurateur lyonnais, exaspéré de devoir rester fermé jusqu’au 20 janvier

Christophe Marguin se dit en "colère" et se prend à souhaiter une mobilisation des agriculteurs pour "réveiller le président", "même si c’est triste de penser comme ça".

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Radio France
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Le restaurateur lyonnais et président de l’association des Toques blanches Lyonnaises Christophe Marguin, le 19 décembre 2017. (PHOTO JOEL PHILIPPON / MAXPPP)

"Il faut arrêter de nous pointer du doigt comme les vilains petits canards", s’exaspère Christophe Marguin, restaurateur lyonnais et président de l’association des Toques blanches Lyonnaises sur franceinfo mercredi 25 novembre. Le président Emmanuel Macron a annoncé, dans son allocution mardi soir, que les restaurants ne pourront pas rouvrir avant le 20 janvier prochain. "On fait tout ce qu'on nous demande, on ne dit rien, on n'est contre rien, mais laissez-nous travailler!" réclame-t-il.

franceinfo : Que retenez-vous des annonces d’Emmanuel Macron ?

La chose que je retiens ce matin, c'est que ça fait plus de 160 jours que nous serons fermés. C'est inadmissible.

"Trouvez-moi une entreprise qui est capable de tenir 160 jours sans rentrées d'argent ! La situation peut devenir vraiment très critique pour l'ensemble des gens de notre métier. Il faut arrêter de parler des aides." 

Christophe Marguin, restaurateur lyonnais

à franceinfo

Tout le monde sait que c’est très compliqué d’avoir des aides. On n’est jamais dans la bonne case. Il faut arrêter d’annoncer des aides, annoncez-nous qu’on peut travailler, c’est tout ce qu’on demande.

Les restaurants sont des lieux où par définition on ne peut pas porter de masques. Vous comprenez tout de même la décision d'un point de vue sanitaire ?

Non, parce que nous, on a tout appliqué. On a tout fait, on a tout mis en place. Donc, il faut arrêter de nous pointer du doigt comme les vilains petits canards. On a mis en place les protocoles qu'on nous a demandés. Nos syndicats ont travaillé avec l'État, avec le ministère de la Santé. Donc, on fait tout ce qu'on nous demande, on ne dit rien, on est contre rien, mais laissez-nous travailler ! On nous a déjà enlevé 30% de la capacité de nos restaurants en moyenne. Et là, on n'a toujours pas le droit de travailler. C'est un truc de fou. Ça commence à être de la colère parce qu'on est des chefs d'entreprise, on a envie que nos entreprises vivent. On a des salariés qui aujourd'hui sont au chômage. Mais ce n'est pas ça qui fait vivre un salarié. C'est son travail qui le fait vivre au quotidien, c’est de se lever, c'est d'aller au travail, c'est de rencontrer des gens, faire plaisir à nos clients et tout ça. Tout ça manque à tout le monde.

Vous êtes à la tête de l'association des Toques Blanches Lyonnaises, qui regroupe une centaine de chefs de toute la région. Pensez-vous que certains de vos collègues ne pourront pas rouvrir ou sont en train de s'y préparer ?

J’en suis certain. Il y en a déjà un à qui c'est déjà arrivé. Malheureusement, il y en aura d'autres. Vous savez, c'est très compliqué. Pour les filières aussi. On n'en parle pas, mais les filières sont importantes pour nous.

"Je pense que ce qui peut réveiller le président, c'est nos amis agriculteurs qui, eux, vont commencer à souffrir quand on ne sera plus là pour faire les achats. S'ils commencent à bloquer le pays, les choses pourront peut-être changer."

Christophe Marguin

Mais c'est triste d'en arriver là, c’est triste de penser comme ça. Mais nous on manifeste depuis trois semaines, on demande juste de travailler.

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