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Covid-19 : des médecins redoutent le déconfinement et appellent à anticiper une troisième vague

Alors que Jean Castex a annoncé le maintien du confinement jusqu'au 1er décembre au moins, des syndicats de médecins demandent à ce que les Français soient dès maintenant informés des conditions du deuxième déconfinement pour ne pas répéter les erreurs du premier.

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Radio France
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L'hôpital Louis Mourier de Colombes (Haut-de-Seine). (ALAIN JOCARD / AFP)

Le confinement reste "inchangé" jusqu'au 1er décembre, a annoncé Jean Castex, jeudi 12 décembre lors d'une conférence de presse pour faire le point sur les effets de ces mesures mises en place pour enrayer l'épidémie de Covid-19."Il faut à tout prix qu'on travaille sur la pédagogie pour éviter une troisième vague", estime sur franceinfo Luc Duquesnel, le président du syndicat Les généralistes - Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).

Un "échec" sur la prévention

"C'est une évidence, on partage le diagnostic qui a été fait par le Premier ministre", poursuit Luc Duquesnel, même s'il estime qu'il faut "prendre avec précaution" les chiffres qui font état d'une diminution de la contamination au Covid-19. "Il y a un retard pour renseigner la base [de données] donc les taux sont probablement plus élevés", explique-t-il, ajoutant que "seuls les chiffres dans les hôpitaux sont relayés" quotidiennement, alors que le médecin généraliste constate de nombreux décès dans les Ehpad.

"Je dirais que ce qui manque c'est de savoir ce que l'on prépare pendant cette deuxième vague, en terme de prévention, pour éviter une troisième vague. Comment fait-on pour éviter les contaminations ?", interroge Luc Duquesnel, qui regrette "qu'il soit très difficile de faire appliquer les mesures de prévention". 

Comment fait-on pour ne pas se contaminer quand on se retrouve en famille ? Pour ne pas contaminer les résidents quand on est soignants ? C'est là dessus qu'on doit travailler, sinon on est partis pour une troisième vague l'an prochain.

Luc Duquesnel

à franceinfo

"Je crois qu'il n'y a pas forcément de prise de conscience de la gravité de la situation", estime le responsable syndical, qui considère "que l'on a échoué en terme de prévention", notamment en ne parlant "que du négatif". "Quand on me dit 'je me sens étouffer avec le confinement', j'ai envie de répondre que ce sont ceux qui arrivent en réanimation, avant qu'on les intube, qui étouffent", conclut-il.

"Il faut dire aux Français qu'il y a un tunnel"

Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France redoute également que des leçons n'aient pas été véritablement tirées du premier confinement. "C'est une crainte : il ne faut pas qu'on rate le deuxième déconfinement", explique-t-il sur franceinfo. "C'est pour cela qu'on a fait la demande au gouvernement de, tout de suite, partager les conditions du déconfinement", poursuit-il, craignant que "cela nous amène à une troisième vague, voire à un troisième confinement", si celui-ci était mal réalisé.

Je pense aussi aux soignants qui, après cette période, vont devoir reprendre tout ce qui a été déprogrammé. Ça sera encore, pour les hospitaliers, une nouvelle vague, dont on parlera moins parce qu'elle n'est pas Covid.

Frédéric Valletoux

à franceinfo

"Il faut dire aux français qu'il y a un tunnel, qui a commencé en février et dont les hospitaliers sont loin de voir le bout !", prévient Frédéric Valletoux, qui rappelle également que "les prochains jours, d'ici le milieu de semaine prochaine, seront très difficiles dans les hôpitaux".

"Le pire serait que, sous prétexte que les chiffres baissent, cela amène à un relâchement des comportements", alerte le président de la Fédération hospitalière de France. "C'est une spirale que l'on n'a pas envie de revoir", insiste-t-il.

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