Déconfinement : voiture, métro, bus, TGV... Comment allez-vous pouvoir vous déplacer à partir du 11 mai ?

Le premier ministre Edouard Philippe a présenté à l'Assemblée, mardi, son plan de sortie du confinement pour le 11 mai. Et notamment le volet transports.

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Dans les bus parisiens, les passagers ne peuvent plus approcher le chauffeur, comme le montre cette photo prise à Paris, le 10 avril 2020. (QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS)

Pourra-t-on reprendre le volant librement, à partir du 11 mai ? Circuler comme on l'entend en train ? Emprunter les lignes de métro à son gré ? A l'Assemblée, le Premier ministre Edouard Philippe a expliqué, mardi 28 avril, comment la France allait progressivement sortir du confinement, instauré à la mi-mars pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

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Comment ce plan de déconfinement, qui débute en principe le 11 mai, s'appliquera-t-il dans les transports ? Eléments de réponse.

En voiture, pas le droit de faire plus de 100 km

"En mai, fais ce qu'il te plaît", professe le dicton. A tort : il sera encore interdit après le déconfinement de parcourir la France en voiture pour le plaisir. "Il sera à nouveau possible de circuler librement, sans attestation, a précisé le Premier ministre, sauf pour les déplacements à plus de 100 km du domicile, qui ne seront possibles que pour un motif impérieux, familial ou professionnel." Cela s'appliquera donc, entre autres, aux déplacements en voiture.

Où aurez-vous le droit de vous rendre ? Quelle zone autour de votre domicile est englobée dans cette distance limite de 100 km ? Pour vous faire une idée, franceinfo a représenté, pour six grandes villes, cette distance sur une carte, comme ici pour Paris (et vous propose de le réaliser autour de votre domicile). 

En train, la réservation sera obligatoire

Edouard Philippe a indiqué de façon plus générale vouloir "réduire les déplacements inter-régionaux ou inter-départementaux aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux, pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus". Et le chef du gouvernement d'ajouter : "Et donc, nous allons continuer à réduire l'offre, à exiger une réservation obligatoire dans tous les trains, TGV ou non, à décourager les déplacements entre départements."

Le jeudi de l'Ascension sera bien férié, mais je dis clairement aux Français que ce n'est pas le moment de quitter son département pour partir en week-end.

Edouard Philippe

à l'Assemblée nationale

Interrogée, la SNCF n'était pas en mesure, mardi soir, de préciser quelle sera son offre de trains à cette période et comment elle fera respecter "la distanciation sociale" d'un mètre minimum entre les passagers.

Dans les transports en commun, le port du masque sera obligatoire

Pour les transports urbains, le Premier ministre a énoncé des principes généraux : "Le port du masque sera rendu obligatoire dans tous les transports, métros comme bus. Et les opérateurs devront, au moins pour les trois semaines à venir, s'organiser pour permettre, même dans le métro, de respecter les gestes barrières." Edouard Philippe exige également des mesures permettant de respecter la distance d'un mètre minimale entre les passagers.

A la RATP, plus de trafic et moins d'affluence

Dans le cas précis de la RATP (le bus et le métro parisien), le chef du gouvernement a estimé que les nouvelles obligations sanitaires se traduiraient ainsi : "Cela veut dire que la capacité du métro parisien sera réduite à moins de 30% du nominal, qu'il faudra condamner un siège sur deux, favoriser, par des marquages au sol, la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d'affluence."  

Il a annoncé vouloir jouer sur deux ressorts : augmenter l'offre de transports, et diminuer la demande. "Nous allons prendre deux séries de décision : d'abord, remonter au maximum l'offre de transports urbains. 70% de l'offre de la RATP sera disponible le 11 mai. (...) Ensuite, faire baisser la demande, en favorisant le télétravail, en étalant les horaires, en demandant aux Français de considérer que les transports aux heures de pointe doivent être réservés à ceux qui travaillent", a-t-il déclaré.

Réagissant à cette annonce, la RATP a souligné que "la mise en application concrète" de la distanciation sociale, "sur un réseau qui, en temps normal, produit 12 millions de voyages par jour, est conditionnée à la capacité de limiter drastiquement les flux sur l'ensemble des lignes". Interrogée le 24 avril sur France Inter, la présidente de la RATP Catherine Guillouard avait déjà estimé que la distanciation sociale était "infaisable", sauf à réduire très fortement l'offre de transports.

Le défi tient un peu de la quadrature du cercle, avec des lignes saturées comme la ligne 13, rappelle France 3 dans le reportage ci-dessous. Pour Baptiste Arsale, secrétaire général de la fédération Unsa Transports interviewé sur franceinfo, le plan du gouvernement est "très ambitieux" mais "non réalisable" en terme d'effectifs. Du côté des bus, la RATP envisage de les faire circuler à hauteur de 75% à partir du 11 mai.

Des bus scolaires circuleront "à moitié vides"

La même panoplie de mesures est exigée pour les transports scolaires. "Les bus scolaires circuleront à moitié vides, avec obligation de port du masque pour les collégiens et les chauffeurs", a détaillé Edouard Philippe.

Pour les VTC et taxis, le port du masque sera obligatoire dans certaines conditions

Les mesures de protection sont également déclinées dans les taxis et les VTC. "Le port du masque sera également obligatoire dans les taxis et les VTC qui ne disposent pas de protection en plexiglas", a déclaré le Premier ministre.

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