Déconfinement : ce qui va changer dans les transports à partir du 2 juin

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé, jeudi 28 mai, la fin de l'interdiction de se rendre à plus de 100 km à vol d'oiseau de son domicile et la réouverture des frontières à l'intérieur de l'espace européen.

Un homme désinfecte des surfaces du RER D, pour éviter la propagation du covid 19, à Paris, le 22 mai 2020. 
Un homme désinfecte des surfaces du RER D, pour éviter la propagation du covid 19, à Paris, le 22 mai 2020.  (VALENTINA CAMU / HANS LUCAS)

Le périmètre des déplacements s'élargit considérablement. A partir du 2 juin, la France entame la deuxième phase de son déconfinement et le Premier ministre a annoncé jeudi 28 mai les mesures qui régiront cette accélération du retour à la vie normale. De nombreuses régions sont passées du rouge au vert et la nouvelle carte du déconfinement ne compte plus de rouge, mais du orange en Ile-de-France, en Guyane et à Mayotte. Franceinfo vous résume ce qui va changer à compter de mardi dans les transports.

Il sera possible de parcourir plus de 100 km

A quelques semaines des grandes vacances, la suppression de la limite des 100 km était très attendue par le secteur des transports, comme du tourisme. "A compter du 2 juin, il est mis fin à l'interdiction de se déplacer à plus de 100 km de chez soi", a annoncé Edouard Philippe. Les Français pourront traverser l'Hexagone sans justificatif attestant d'un motif impérieux. Aucune restriction ne saura dorénavant être appliquée, que ce soit dans les zones vertes ou les zones orange. Le gouvernement a toutefois voulu appeler les citoyens à la prudence et la mesure.

Cet assouplissement ouvre la voie aux voyages de longue distance. "La levée de la limite de 100 km pour se déplacer librement est une bonne nouvelle pour les Français, qui attendaient cette annonce notamment pour la préparation de leurs vacances", s'est réjouie la SNCF auprès de l'AFP. La compagnie ferroviaire avait déjà ouvert les réservations de ses trains pour l'été, en garantissant une option échangeable ou remboursables gratuitement sur tous les billets.

Le port du masque restera obligatoire

"Je n'ai pas de doute qu'il faudra maintenir le port du masque obligatoire dans les transports en commun (...) tant qu'on n'a pas un traitement ou un vaccin", a indiqué la ministre des Transports Elisabeth Borne au micro de Public Sénat vendredi 29 mai. Elle s'est félicitée de son respect actuel : "Aujourd'hui, près de 95% de ceux qui empruntent les transports en commun ont un masque." Et d'ajouter : "On va pouvoir à partir de la semaine prochaine accepter une fréquentation plus importante." 

Dans la région Ile-de-France, par exemple, des discussions sont en cours entre le gouvernement et les collectivités locales pour déterminer les contours de cet assouplissement. Jeudi 28 mai, la présidente de la région, Valérie Pécresse, a confirmé que le masque resterait obligatoire "jusqu'à la fin de l'épidémie" au micro de TF1.

La fréquentation va augmenter progressivement

Dans les départements en zone verte, les règles de distanciation physique devraient être assouplies à compter du 2 juin. Les nouvelles mesures seront décidées localement, que ce soit en zone verte ou orange. En Ile-de-France, Valérie Pécresse a expliqué que l'espace entre les voyageurs pourrait être réduit pour permettre le transport d'un plus grand nombre de voyageurs. Alexandra Dublanche, vice-présidente de la région, a ainsi estimé sur France Inter que "si le gouvernement prenait la décision d'accepter deux personnes par mètre carré", les transports en commun de la région pourraient "accueillir 50% des voyageurs" contre 20% aujourd'hui.

Les trains et les bus pourraient être remplis à plus de 50%

Si depuis le 11 mai, un siège sur deux est condamné dans tous les véhicules de la SNCF, le gouvernement envisage de mettre fin cette obligation, a indiqué le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, mercredi 27 mai sur RTL"Il y a une réflexion sur le sujet. Il est certain que si la situation sanitaire continue de s'améliorer, (...) il faudra effectivement assouplir les règles", a-t-il fait valoir.

La SNCF attend avec impatience de savoir si elle pourra remplir ses trains ou non. Des précisions à ce sujet devraient être apportées dans les futurs décrets publiés. Car en-dessous de 60% d'occupation dans les TGV (80% pour les Ouigo), la compagnie perd de l'argent.

Certaines compagnies de bus devraient également reprendre leur activité. Le groupe Blablacar a ainsi annoncé que les Blablabus recommenceront à circuler à partir du 24 juin. "Seul un siège sur deux sera disponible à la vente durant la période de redémarrage", a toutefois prévenu l'entreprise et le port du masque sera imposé aux conducteurs et aux passagers.

Les covoiturages vont pouvoir reprendre

La compagnie Blablacar, qui n'avait pas totalement cessé son activité de covoiturage mais demandé "de ne pas voyager en covoiturage, sauf si c'est absolument nécessaire", a annoncé que les covoiturages reprendraient "à partir du 2 juin". 

Pour respecter les règles sanitaires en vigueur, tous les occupants du véhicule devront porter un masque et Blablacar proposera "une nouvelle fonctionnalité" permettant aux conducteurs de ne prendre qu'un passager à l'arrière.

Les frontières et l'aéroport d'Orly vont rouvrir

Concernant le transport aérien, les frontières intérieures de l'Europe rouvriront à compter du 15 juin, sans quatorzaine imposée pour les voyageurs venant en France, sauf si leur pays en impose aux ressortissants français. Quant aux frontières extérieures de l'UE, le Premier ministre a signifié qu'une décision "sera prise collectivement" avec les autres pays membres "à l'horizon du 15 juin".

En ce qui concerne les déplacements de la métropole vers les territoires d'outre-mer, le contrôle et la quatorzaine à l'arrivée restent en vigueur mais le gouvernement travaille sur "une ouverture plus large des vols pour les vacances". 

L'aéroport d'Orly, qui était fermé depuis le 31 mars, reprendra par ailleurs ses vols commerciaux dès le 26 juin, selon le groupe ADP. Le port du masque y sera obligatoire, une signalisation mise en place pour rappeler la nécessaire distanciation physique et des distributeurs automatiques de gel hydroalcoolique mis à disposition.