Covid-19 : "Qui se rend compte que cette situation est une véritable bombe à retardement sociale et humaine ?" s'alarment dix présidents d'Université en France

Dans une tribune, des présidents d'université dénoncent des différences de traitements avec les lycées. Ils assurent avoir pris "les mesures en urgence" et disent se sentir "responsables" face à l'épidémie de Covid-19.

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Radio France
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Des étudiants en faculté de médecine à Nantes, le 24 septembre 2020. Photo d'illustration. (ROMAIN BOULANGER / MAXPPP)

Dix présidents d'université lancent un cri d'alarme "aux pouvoirs publics" et réclament "instamment la possibilité d’accueillir" leurs étudiants, "dès début janvier, avec une jauge de 50%", dans une tribune publiée mercredi 25 novembre et que franceinfo s'est procuré. Ils ne comprennent pas la différence de traitement entre les lycées et les universités, un "deux poids, deux mesures" qui a provoqué "la stupéfaction" voire "la colère", chez les universitaires.

Une "stigmatisation inacceptable"

Les présidents du réseau Udice, qui regroupe dix universités de recherche intensive de niveau mondial jugent cette "stigmatisation inacceptable", car d'un "point de vue sanitaire, rien ne justifie cette différence de traitement". "Il faut cesser de stigmatiser nos étudiants et nos établissements", insistent-ils. "Qui se rend compte que depuis des mois, des centaines de milliers d’étudiants, notamment celles et ceux arrivant du lycée, n’ont eu essentiellement que des contacts à distance avec leurs enseignants ? Qui se rend compte que cette situation est une véritable bombe à retardement sociale et humaine ?", s'interrogent les présidents d'Université.

"Qui se rend compte que des centaines de milliers d’étudiants, jeunes adultes en construction, sont, malgré nos efforts, de plus en plus livrés à eux-mêmes, avec des situations de détresse psychologique qui s’ajoutent à une détresse sociale croissante ?"

Présidents d'Université

Tribune

Ils assurent avoir pris "les mesures en urgence" et disent se sentir "responsables", pour "éviter à la fois une expansion de la crise sanitaire et une nouvelle crise humaine aux conséquences imprévisibles". Ils demandent alors au chef de l'Etat de respecter son engagement, "que cette crise sanitaire ne renforce pas les inégalités sociales".

"N'ajoutons pas une crise étudiante à la crise sanitaire"

Le président de la République a annoncé mardi, lors d'une allocution, que les universités pourront reprendre les cours, "avec une présence physique de tous les élèves", deux semaines après le 20 janvier 2021, si le nombre de contaminations quotidiennes par le Covid-19 en France reste sous la barre des 5 000. Les lycées pourront à cette date "être pleinement rouverts avec la totalité des élèves présents durant les cours", alors que certains fonctionnent aujourd’hui avec une jauge de 50%, par demi-classe. "N'ajoutons pas une crise étudiante à la crise sanitaire", clament les présidents du réseau Udice.

Les universités du groupe Udice regroupent : Aix-Marseille Université, Sorbonne Université, Université Claude Bernard Lyon 1, Université Côte d'Azur, Université de Bordeaux, Université de Paris, Université de Strasbourg, Université Grenoble Alpes, Université Paris Saclay, Université Paris Sciences et Lettres.

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