Covid-19 : pourquoi la situation dans les Alpes-Maritimes est-elle préoccupante ?

Le taux d'incidence dans le département frôle les 600 cas pour 100 000 habitants et les hôpitaux arrivent à saturation.

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Olivier Véran, accompagné du maire Christian Estrosi, rend visite aux équipes médicales à Nice (Alpes-Maritimes), le 20 février 2021. (VALERY HACHE / AFP)

Alors que la Moselle essaie d'endiguer l'épidémie de Covid-19 et de réduire la circulation des variants du virus, très présents dans le département, un autre territoire est sévèrement touché : les Alpes-Maritimes. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, y est en visite, samedi 20 février, pour rencontrer les professionnels de santé et les autorités locales. Il déclarait jeudi considérer la situation du département "particulièrement inquiétante". Mais pourquoi cette flambée des cas inquiète-t-elle le gouvernement ?

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Parce que le taux d'incidence y atteint des records

Le département des Alpes-Maritimes détient le record, en France, du nombre de cas dans la population : 577 pour 100 000 habitants. Dans la métropole niçoise, ce chiffre atteint même 741 cas au 17 février. Une donnée exponentielle comparée à la moyenne nationale, qui est autour de 190 cas. Les campagnes de tests PCR se poursuivent et le taux de positivité atteint 10,4% dans le département, contre 7,6% en moyenne dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, indique un point de l'Agenre régionale de santé (PDF, page 5) daté du 19 février. Ces chiffres sont en augmentation constante depuis le début du mois, avec une nette accélération la semaine du 8 février, et ce alors que le département est soumis au couvre-feu à 18 heures depuis le 2 janvier, soit deux semaines avant sa généralisation à l'ensemble du territoire.

Pour tenter de remédier à l'explosion des cas de Covid-19 dans la ville, le maire LR de Nice, Christian Estrosi, avait pris un arrêté interdisant les locations saisonnières dans la commune du 6 au 20 février, pour les vacances scolaires. La mairie avait fait valoir le fort taux d'incidence du coronavirus dans les Alpes-Maritimes ainsi que la proportion importante de personnes âgées à Nice pour justifier sa décision, mais l'arrêté a été cassé par le Conseil d'EtatChristian Estrosi a salué la visite, samedi, d'Olivier Véran sur Twitter, "au moment où l'épidémie atteint dans notre département un pic inégalé"

Parce que le nombre de cas de variants du virus explose

Si le nombre de cas dans les Alpes-Maritimes augmente, c'est également parce que les variants du virus y sont présents. Selon une étude flash des laboratoires Cerballiance, révélée par Nice-Matin en janvier, le variant anglais, très contagieux, est aussi deux à trois fois plus présent sur la Côte d'Azur. "De Menton à Toulon et comme en région parisienne, on est au double ou au triple de la prévalence nationale", indique à l'AFP le docteur Vincent Raimondi, directeur général de Cerballiance Côte d'Azur.

Selon les derniers chiffres publiés par Santé publique France (PDF, page 14), environ 30 à 50% des cas détectés seraient liés au variant anglais. En ce qui concerne les variants sud-africain et brésilien, ils représenteraient 2,5 à 5% des cas détectés. 

La proximité de Monaco, où les bars et restaurants sont ouverts, est fréquemment évoquée pour expliquer cette forte circulation du virus et de ses variants, mais les données épidémiques ne permettent pas de confirmer cette hypothèse. Toutefois, dans le cadre des restrictions de déplacements en vigueur, les contrôles ont été renforcés aux frontières et avec la principauté de Monaco.

Parce que les hôpitaux ne parviennent plus à gérer l'afflux de malades

Avec un taux d'occupation en réanimation de 95,7% au 14 février, les hôpitaux des Alpes-Maritimes font face à un afflux de patients qu'il devient difficile de gérer, bien supérieur à celui observé lors du premier confinement, au printemps 2020. A Nice, impossible de traiter tous les patients : plusieurs malades ont dû être évacués vers des hôpitaux de villes voisines. Un patient d'Antibes a ainsi été évacué vers Marseille, d'autres personnes hospitalisées à Grasse et Cannes ont également dû être transférées. "On ne peut pas attendre d'être à 100% d'occupation" pour envisager les transferts de patients, estime Carole Ichai, cheffe du pôle anesthésie-réanimation-urgences au CHU de Nice. Pour elle, la situation s'avère "très tendue et très préoccupante" avec un "flux entrant supérieur au flux sortant".

En réaction, le président du conseil départemental, Charles-Ange Ginésy, a demandé, sur Twitter, un renfort de la vaccination dans les Alpes-Maritimes, comme cela a été le cas en Moselle. Il évoque des centres de vaccination utilisés à seulement "10% de leur capacité". Au total, 41 202 personnes ont reçu une première injection dans les Alpes-Maritimes depuis le début de la campagne de vaccination.

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