Covid-19 : pourquoi l'épidémie est à un "point critique" selon l'OMS

"Ce n'est pas la situation dans laquelle nous voulons nous trouver seize mois après le début de la pandémie", a indiqué lundi l'une des responsables de l'Organisation mondiale de la santé.

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Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 3 juillet 2020 lors d'une conférence de presse à Genève (Suisse). (FABRICE COFFRINI / AFP)

La dynamique actuelle inquiète l'Organisation mondiale de la santé. Selon l'OMS, l'épidémie de Covid-19, qui a tué près de trois millions de personnes dans le monde depuis plus d'un an, est à un "point critique". Maria Van Kerkhove, responsable technique à l'agence des Nations unies, a expliqué lundi 12 avril que la "trajectoire de cette pandémie est en pleine expansion", avec une augmentation significative du nombre de cas et de morts enregistrés dans le monde depuis plusieurs semaines, notamment en Asie, au Moyen-Orient et au Brésil.

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Franceinfo détaille les raisons de cette inquiétude.

Une croissance exponentielle des contaminations dans le monde

"Elle croît de manière exponentielle", a également souligné lundi Maria Van Kerkhove à propos de l'évolution de la pandémie. Deux données inquiètent l'OMS : les nouvelles infections et les décès. La semaine dernière, le nombre de cas était en hausse de 9% dans le monde, tandis que le nombre de morts a augmenté de 5%.

Au 12 avril, selon la moyenne calculée sur une semaine glissante à partir des données de l'université américaine Johns-Hopkins compilées par Le Monde, 12 132 décès étaient recensés chaque jour du Covid-19 dans le monde et 692 802 nouveaux cas quotidiens. A titre de comparaison, à partir des mêmes données, on dénombrait 362 269 cas quotidiens en moyenne à la date du 22 février, et 8 589 décès en moyenne le 15 mars.

"La semaine dernière, nous avons enregistré le quatrième plus grand nombre de cas en une seule semaine jusqu'à présent. C'est la septième semaine consécutive d'augmentation des cas, et la quatrième semaine consécutive d'augmentation des décès", a résumé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Une pandémie toujours très active, malgré les vaccins

Près d'un an et demi après son apparition, en décembre 2019, la pandémie est toujours une réalité, malgré l'accélération de la campagne de vaccination dans une partie du monde. "Ce n'est pas la situation dans laquelle nous voulons nous trouver seize mois après le début de la pandémie, alors que nous disposons de mesures de contrôle efficaces", a regretté Maria Van Kerkhove.

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Le bilan de la pandémie dans le monde approche les trois millions de morts (quelque 2 946 000 décès au 12 avril, selon l'université américaine Johns-Hopkins), dont près d'un million en Europe. Le continent le plus touché par la pandémie a d'ailleurs été critiqué par l'OMS pour la lenteur "inacceptable" de sa campagne de vaccination.

L'OMS observe ainsi que la pandémie ne faiblit pas, malgré les "plus de 780 millions de doses de vaccin [qui] ont été administrées dans le monde", ce qui peut s'expliquer par la disparité des campagnes de vaccination dans les différents pays du globe. Ainsi, alors que 61,46% de la population israélienne a reçu au moins une injection du vaccin, de nombreux autres pays n'ont pas encore débuté le processus.

Une situation critique au Brésil et en Inde 

Si un retour à la vie normale a débuté en Israël, "dans de nombreux pays, les unités de soins intensifs sont débordées et des gens meurent", a regretté le directeur général de l'OMS. "Plusieurs pays d'Asie et du Moyen-Orient ont connu une forte augmentation du nombre de cas", a notamment expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, sans donner de précisions sur les pays concernés.

Au Brésil et en Inde, les autorités locales s'inquiètent de la situation. Le Brésil est touché par une troisième vague incontrôlable et déplore près de 355 000 victimes du Covid-19, dont près de 3 000 morts par jour actuellement. L'Inde, de son côté, est rattrapée par une seconde vague. Le pays a enregistré 161 736 nouveaux cas sur la journée du 12 avril, un pic quotidien jamais atteint auparavant dans le monde, et déplore plus de 171 000 décès liés au Covid-19, dont 879 le 12 avril.

Une lueur d'espoir

Toutefois, le bout du tunnel existe. Le directeur de l'OMS estime qu'il y a "de nombreuses raisons d'être optimistes", même si la pandémie est "loin d'être terminée". Selon lui, "la diminution du nombre de cas et de décès au cours des deux premiers mois de l'année a montré que ce virus et ses variants pouvaient être arrêtés". Mais pour espérer "maîtriser cette pandémie en quelques mois", il faudra un "effort concerté pour appliquer des mesures de santé publique et une vaccination équitable", avertit Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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