Covid-19 : la CPME demande un "nouveau scénario de sortie du prêt garanti par l'État"

Son président François Asselin demande que toutes les dettes soient regroupées "pour pouvoir les étaler sur plusieurs années" et un report de la date de début du remboursement.

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François Asselin, invité éco du 2 mars 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) François Asselin a demandé jeudi 15 octobre sur franceinfo un "nouveau scénario de sortie du prêt garanti par l'État", dont les remboursements doivent commencer à partir du mois d'avril. "On va se battre, parfois même avec l'énergie du désespoir", confie François Asselin, qui redoute l'effet du couvre-feu imposé à 20 millions de Français sur les entreprises.

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franceinfo : Cette mesure de couvre-feu pour 20 millions de Français est violente pour l'économie ?

François Asselin : Oui, elle est violente. C'est comme le caillou qui tombe dans l'eau. Quand on est près de l'épicentre, ça secoue fort. C'est le cas des restaurateurs. Mais vous avez aussi des vaguelettes et ça s'imprime dans tous les secteurs de l'économie. Si vous êtes traiteur, les gens n'ont pas le cœur à faire la fête et vous n'avez pas d'activité. Dans le spectacle, dans l'événementiel, c'est pareil. Aujourd'hui, tout est à l'arrêt et les entrepreneurs qui avaient des projets d'investissement peuvent avoir tendance à se mettre en mode pause, dans ce contexte. Nous, entrepreneurs, nous ne sommes pas des pleurnicheurs. On va se battre, parfois même avec l'énergie du désespoir. Beaucoup d'entre nous aujourd'hui sont au bord du désespoir.

Au bord du désespoir ou au bord du dépôt de bilan ?

Vous avez les 3D : dépôt de bilan, divorce et déprime. Donc, il faut éviter avant tout la déprime de la personne. Il faut éviter, bien évidemment, que sa vie personnelle en subisse les conséquences. Et puis, il faut éviter le dépôt de bilan, pour la personne morale qu'est l'entreprise. Il faut évidemment rééquilibrer les mesures de soutien et d'accompagnement qui ont été mises en place. Elles ne suffiront pas. C'est pour ça que nous militons fortement pour un nouveau scénario de sortie du prêt garanti par l'État. Aujourd'hui, les prêts garantis par l'État doivent être remboursés à partir du mois d'avril. On se rend bien compte que ce ne sera pas possible pour plein d'entreprises.

Donc il faut repousser les échéances de remboursement de ce prêt ?

Il faut pouvoir décaler, pour donner une option à celles qui ne pourront pas rembourser un an de franchise. De plus, il faudrait mettre en place un prêt de consolidation. On s'aperçoit qu'il va falloir rembourser toutes ces dettes qui ont été suspendues : les remboursements d'emprunt, les charges sociales, fiscales, parfois les loyers. Ça ne passe pas. Il faudrait pouvoir regrouper toutes les dettes pour pouvoir les étaler sur plusieurs années. Malheureusement, certains vont mettre un genou à terre, c'est évident. Mais pour les entreprises qui étaient viables avant, il faut pouvoir les soutenir pour qu'elles puissent rebondir.

Pour les entreprises qui ont déjà genou à terre, c'est l'estocade ?

Pour certains d'entre eux, malheureusement, ça va être très compliqué. Il faut accompagner l'homme ou la femme qui va déposer le bilan. Il faut les accompagner à titre personnel, c'est très important pour leur donner de l'espoir. On aura besoin de ces gens-là, lorsque ça va repartir. Ils ont cette capacité de se mettre à leur compte, de prendre des risques, d'embaucher des salariés. C'est d'eux dont on va avoir besoin de moi pour relever économiquement le pays.

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