Covid-19 : couvre-feu, aides exceptionnelles, autotests... Ce qu'il faut retenir des annonces d'Emmanuel Macron

Le chef de l'Etat s'est exprimé mercredi soir sur France 2 et TF1 sur la situation sanitaire et économique. Franceinfo fait le point.

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Emmanuel Macron, à l'Elysée, le 14 octobre 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Une nouvelle étape dans la lutte contre le Covid-19. Emmanuel Macron a pris la parole, mercredi 14 octobre, depuis l'Elysée lors d'une interview très attendue de 45 minutes, sur TF1 et France 2, pour annoncer de nouvelles mesures face à la résurgence de l'épidémie. Durant cet entretien, il a aussi lancé un message d'espoir et indiqué vouloir être transparent tant sur la connaissance de la maladie que sur les échecs de l'exécutif.

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Quelques minutes avant l'interview, le gouvernement avait rétabli par décret l'état d'urgence sanitaire, qui avait pris fin le 10 juillet. Il sera effectif à partir du samedi 17 octobre sur l'ensemble du territoire national, "afin que les mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus puissent être prises".

Un couvre-feu de 21 heures à 6 heures

"Il serait disproportionné de reconfiner le pays", a prévenu le président de la République. Néanmoins," notre objectif doit être de réduire les contacts privés qui sont les plus dangereux", a-t-il ajouté. Un couvre-feu entre 21 heures et 6 heures s'appliquera donc dès le samedi 17 octobre, en Ile-de-France et dans huit métropoles, a indiqué Emmanuel Macron. Il s'agit des métropoles de Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne et Toulouse.

Ce couvre-feu durera au moins "quatre semaines", a prévenu le chef de l'Etat, mais il souhaite que le gouvernement se rende "au Parlement pour pouvoir essayer de le prolonger jusqu'au 1er décembre". Cette mesure durera donc probablement six semaines.

L'objectif est de faire en sorte que "les 20 000 nouveaux cas par jour" reviennent à "3 000 cas, 5 000 cas par jour", et que les patients atteints du Covid-19 ne représentent plus que "10% à 15%" des places en réanimation, contre "32%" aujourd'hui. 

Le chef de l'Etat a donné en exemple le couvre-feu de Guyane pour justifier cette mesure. Là-bas, "cela a permis de ralentir les choses, a affirmé Emmanuel Macron. On a fait reculer le taux de transmission au plus fort de la pandémie. Ça fonctionne."

Des exceptions au couvre-feu seront possibles, grâce à un justificatif

Dès samedi, dans les zones où le couvre-feu est appliqué, il faudra donc être chez soi à 21 heures, et les cinémas, théâtres, restaurants et autres commerces "fermeront pour cette heure-là", a indiqué Emmanuel Macron.

Néanmoins, comme durant le confinement, des exceptions seront possibles, notamment "pour toutes celles et ceux qui rentrent du travail après 21 heures ou qui travaillent de nuit" ou "pour tous ceux qui auront une urgence sanitaire". "ll n'y aura pas d'interdiction de circuler mais une stricte limitation" aux heures du couvre-feu, a résumé le président. Une conférence de presse du Premier ministre, Jean Castex, et des ministres, aura lieu jeudi pour dévoiler les "détails" de ces autorisations, a précisé Emmanuel Macron.

Une amende de 135 euros en cas de non-respect du couvre-feu

Comme pour le non-port du masque, le non-respect du couvre-feu sera pénalisé d'une amende de 135 euros. "Il y aura des contrôles et des amendes (...) avec 1 500 euros en cas de récidive. Il faut que chacun soit conscient des risques et des enjeux. Les Français ont été exemplaires pendant le confinement, car ils ont compris que c'était pour protéger les plus fragiles et soignants. Si on ne veut pas prendre des mesures plus dures dans 15 jours ou un mois il y aura des contrôles", a-t-il affirmé.

Pas de limitation des déplacements entre les régions

"Il n'y aura pas de restriction des transports" en commun, comme cela était le cas durant le confinement, a indiqué Emmanuel Macron. Par ailleurs, "on n'empêchera pas les gens (...) de partir en vacances", a ajouté le président, assurant qu'il n'y aurait pas de limitation des déplacements entre régions. "Demander aux gens de rester chez eux dans des appartements et de ne pas aller dans un lieu de vacances, honnêtement, ça serait disproportionné."

En revanche, le président a rappelé que ces déplacements, qui permettront les rassemblements familiaux, ne doivent pas entraîner une baisse de vigilance quant aux gestes barrières. "Il est impératif de respecter les règles d'usage, même dans le cadre familial", a martelé Emmanuel Macron, citant entre autres, le respect de la distanciation physique, le port du masque, l'aération des pièces et le lavage des mains.

Une recommandation de limitation des rassemblements à six personnes dans la sphère privée

Il est conseillé aux Français de ne pas se rassembler à plus de six personnes pour mieux lutter contre l'épidémie. "On essaie, quand on invite des amis, de ne pas être plus de six à table, et pas plus de six dans la rue non plus", a précisé Emmanuel Macron.

Une aide exceptionnelle d'au moins 150 euros pour les plus précaires

Les bénéficiaires du RSA et des APL vont recevoir une aide de 150 euros, avec 100 euros de plus par enfant, comme au printemps. "Cela fera entre 100 et 450 euros pour eux, a résumé Emmanuel Macron. Je préfère cette aide exceptionnelle, massive, comparable à ce que nous avons fait au printemps, plutôt qu'une transformation de nos minima sociaux", a indiqué le chef de l'Etat. 

Chômage partiel à 100% réactivé pour les secteurs en difficulté 

C'est une mesure qui est de nouveau activée jusqu'à la fin de l'année. "Le chômage partiel à plein", c'est-à-dire pris en charge à 100% par l'Etat, "va être réactivé pour ces secteurs : hôtellerie, cafés, restaurants, tourisme, événementiel, culture, sport. (...) Jusqu'à 4,5 fois le smic et 80% du net pour les salariés".

Une refonte de l'application StopCovid renommée TousAntiCovid

"Je ne dirais pas que c'est un échec, ça n'a pas marché", a reconnu Emmanuel Macron, en évoquant l'application StopCovid, qui n'a envoyé que 472 notifications en cinq mois. Le président a donc demandé une refonte de l'application, dont le nouveau nom sera "TousAntiCovid", et qui sera "présentée le 22 octobre".

Cette nouvelle mouture aura le même objectif : "Identifier les foyers de contamination, les remonter et prévenir". Elle donnera également des "informations sur comment circule le virus là où vous êtes" et aura "un mode d'emploi simple". Il ne sera nécessaire de l'allumer que lorsque "je suis dans un moment (...) avec un élément de risque".

Des autotests bientôt disponibles

"Dans les prochaines semaines", Emmanuel Macron a promis mercredi soir une nouvelle "stratégie" de tests pour détecter les cas de Covid-19 afin de "pouvoir réduire drastiquement les délais", en reconnaissant qu'"on a rencontré de vraies difficultés sur le sujet".

"Nous allons rentrer dans une stratégie où on va pouvoir réduire drastiquement les délais" pour mieux "suivre" la circulation du virus, a déclaré le chef de l'Etat. "On a une innovation qui est arrivée ces derniers jours, reconnue par l'Organisation mondiale de la santé, la Haute Autorité de santé. Ce sont ce qu'on appelle les tests antigéniques."

Pas d'appel généralisé au télétravail

Le président de la République n'a pas fait d'appel du pied aux entreprises pour mettre en place le télétravail de manière durable, comme c'était le cas durant le confinement. "Le télétravail c'est un outil intelligent", a assuré Emmanuel Macron, mais "si c'est une règle nationale, on reisole les gens".

"On a besoin que les entreprises fonctionnent. (...) On a besoin d'avoir des services publics qui soient ouverts, des bureaux de poste qui soient tous ouverts. (...) On a besoin d'avoir des professeurs qui sont en classe", a-t-il estimé. "Il faut que tout le monde soit présent au maximum. On va plutôt inciter les gens, pour les emplois où c'est pertinent, à faire deux ou trois jours de télétravail par semaine", a expliqué Emmanuel Macron.

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