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Coronavirus : "trop de promeneurs", estiment des soignants, alors que des Français sortent pour profiter des beaux jours

Le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, a même  annoncé dimanche avoir saisi le préfet de police en raison du relâchement des habitants face aux règles de confinement.

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France Télévisions
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Un joggeur dans une rue de Paris, le 4 avril 2020.  (EMMANUEL FRADIN / HANS LUCAS / AFP)

Des personnes qui semblent flâner dans les rues, davantage de voitures sur les routes... Si la situation actuelle est loin d'être comparable à celle observée avant le début du confinement, mardi 17 mars, de plus en plus de voix se font entendre pour dénoncer un relâchement dans l'observation de cette mesure visant à empêcher la propagation du coronavirus. "Les soignants sont très inquiets du relâchement", s'est alarmé Agnès Ricard-Hibon, la présidente de la Société française de médecine d'urgence, invitée de franceinfo dimanche 5 avril. "On voit à peine les effets positifs du confinement. Ce n'est vraiment pas le moment de baisser la garde et de relâcher parce que sinon on risque la deuxième vague qui serait assez terrible pour nous."

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"Pour le moment, on a encore trop de contaminations inter personnes, personnes qui continuent de développer cette épidémie. Il est vraiment impératif de rester sur la même rigueur qu'au départ et de pas relâcher la stratégie de rester chez soi et de limiter les contacts", a-t-elle prévenu. 

Alors que la zone C (Ile-de-France et Occitanie) est en vacances et que la météo est ensoleillée sur tout le territoire, le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, s'était déjà inquiété de ce relâchement samedi, rapportantt l'"inquietude partagée par tous ceux qui étaient allés dans les hôpitaux parisiens : ils avaient croisé trop de monde dans les rues, trop de promeneurs, trop de flâneurs. Pas de relâchement", a-t-il tweeté à l'issue de la réunion de crise du soir. 

"Léger relâchement dans les zones touristiques"

Or, ce n'est pas qu'une impression. "On constate depuis lundi dernier un léger relâchement dans les zones touristiques, mais aussi des déplacements plus nombreux dans certaines zones, qui s'expliquent probablement aussi par une reprise de l'activité économique", a expliqué au Journal du dimanche (pour abonnés) Antoine Couret, président de la société Geo4cast, qui a développé l'application Covimoov. Grâce aux données recueillies par cette dernière, croisées avec d'autres applications, la société assure avoir chiffré l'ampleur de ce relâchement : si, en temps normal, les Français effectuent en moyenne 24 déplacements par semaine, ce chiffre est tombé à 8 le 19 mars, soit deux jours après le début du confinement, avant de remontrer autour de 11-12 cette semaine, détaille le Journal du dimanche.

Le journal pointe un relâchement dans le Sud-Est ou dans le bassin d'Arcachon, mais aussi dans Paris et dans le Grand Est, deux foyers de l'épidémie. 

Dimanche 5 avril, le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, médecin de profession, a annoncé sur franceinfo avoir saisi le préfet de police, en raison du relâchement des habitants face aux règles de confinement. "Cela fait deux jours que j'ai saisi le préfet de police des Bouches-du-Rhône, ce n'est pas possible. Il fait beau, cela fait un moment qu'on est confinés, mais attention !", alerte Renaud Muselier. "En réalité, il ne faut pas croiser plus de cinq personnes par jour : si vous comptez celles avec qui vous habitez, cela ne fait pas beaucoup de monde. Attention, il faut reprendre les choses très sérieusement", poursuit le président LR de la région PACA.

Le "déconfinement abordé trop tôt" ? 

"Le mot déconfinement a été prononcé trop tôt" par le gouvernement, entraînant un "relâchement" dans certains territoires, a estimé dimanche le patron des députés LR Damien Abad, auprès d'Europe 1, Cnews et Les Echos. "On note un relâchement dans le confinement" alors qu'il est "indispensable pour éviter une deuxième vague" de malades du coronavirus, a relevé l'élu de l'Ain. Selon lui, "il faut éviter les injonctions contradictoires qui peuvent renforcer l'indiscipline ici ou là". 

Et "un confinement efficace, c'est au moins six semaines, disent les experts. Il faut être vigilant jusqu'au bout" pour que "ce confinement réussisse" dans la lutte contre l'épidémie.

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